La présidente de l'Efsa démissionne pour conflit d'intérêts

Le 09 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Diana Banati
Diana Banati

A la demande de l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), Diana Banati, la présidente du conseil d'administration de l’Efsa, a présenté le 8 mai sa démission avec effet immédiat. Cette décision intervient après que la Hongroise a décidé de prendre des responsabilités au sein de l'International Life Science Institute (Ilsi).

Cette prise de fonction au sein du lobby de l'industrie agroalimentaire n'est pas compatible avec sa fonction de présidente du conseil d'administration de l'Efsa, explique le communiqué de l’agence européenne.

L'Ilsi est en effet une association regroupant 400 industriels de l'agroalimentaire, très actifs dans la diffusion des semences OGM. Or l'agence européenne est appelée à donner un avis sur toutes les demandes d'autorisation de culture et de commercialisation des OGM dans l'Union européenne.

Présidente du CA de l'Efsa depuis 2008, Diana Banati a été soupçonnée de conflit d'intérêts par le député européen français José Bové, qui l'a accusée d'avoir menti pour parvenir à ce poste en ne se reconnaissant qu'un rôle mineur au sein de l'Ilsi, alors qu'elle était membre du conseil des directeurs de l'institut.

Diana Banati a toutefois été reconduite pour un second mandat de 4 ans en 2010, mais l'Efsa a adopté un code de conduite très strict, imposant aux membres du conseil d'administration de préciser toutes leurs activités afin de lever les doutes quant à leur indépendance, notamment les risques de conflit d'intérêts.

Les membres du conseil d'administration de l'Efsa sont sélectionnés par la Commission et sont nommés par les Etats après avis du Parlement européen. Le conseil d'administration de l'Efsa n'a aucune influence sur les avis scientifiques ni sur les procédures d'adoption de ces avis, précise l'Efsa.

Dans un communiqué publié aujourd’hui 9 mai, José Bové réagit à cette décision: «Cette mesure aurait dû être prise dès le 28 septembre 2010, lorsque j’ai mis à jour et dénoncé les liens de Diana Banati avec l’Ilsi».

Et le député européen d’EELV d’ajouter: «Le revirement avec armes et bagages de Madame Banati vers l’Ilsi est un camouflet terrible pour l’Efsa et pour l’ensemble des agences européenne chargées de délivrer une expertise indépendante des pressions économiques aux commissaires européens de la protection de 500 millions de citoyennes et de citoyens européens».

«Les masques sont tombés», conclut José Bové.

 

 



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