La première consultation sur l’eau peu médiatisée

Le 14 juin 2006 par Claire Avignon
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ConsultationEAU
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Entièrement éclipsée par le référendum sur la constitution européenne, la consultation sur l’eau 2005 n’a pas convaincu les acteurs de l’eau. Le ministère en charge de l’environnement dit vouloir tirer les leçons pour la prochaine consultation, qui doit avoir lieu en 2007.

Ce devait être un grand moment de «démocratie participative». Non seulement la France avait devancé les échéances européennes établies par la directive cadre sur l'eau (DCE), mais elle voulait être un exemple pour les autres Etats membres. Avec un budget de 7 millions d'euros, l'objectif de la consultation nationale organisée au second semestre 2005 était double: sensibiliser le grand public aux problématiques de l'eau et l'inciter à répondre au questionnaire proposé dans chaque bassin. Outre des actions menées localement, une campagne nationale était relayée entre avril et juin par des spots diffusés à la télévision. Soit au moment même où le débat médiatique sur la constitution européenne battait son plein (le référendum s'est déroulé le 29 mai). Résultat: si l'agence chargée de la campagne, Agence business, estime tout de même à 21 millions le nombre de Français ayant vu en moyenne 6 fois des spots, la campagne n'a pas marqué les esprits et le message de participation à la consultation n'est pas passé.

Pour les acteurs de l'eau réunis au colloque de restitution de la consultation, le 13 juin, le référendum n'est pas la seule explication. «Le message était trop complexe, estime Eric Bousquet, de l'Agence business. On a présenté 12 petits films introduisant de nombreuses problématiques (cycle de l'eau, sécheresse, inondations, etc.). Il aurait fallu centrer la campagne sur la consultation elle-même.» Toutes ces critiques, le ministère en charge de l'environnement les accepte. «Il sera plus efficace, dorénavant, de sensibiliser le grand public de manière continue, et de réaliser des campagnes spécifiques pour les consultations», analyse Stéphanie Croguennec, chargée de mission au ministère.

Malgré cela, le succès de la prochaine consultation qui doit porter sur les projets des programmes de mesure et les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) paraît loin d'être assuré. En cause, le questionnaire lui-même. «L'objectif de la consultation apparaît ambigu, explique Sylvie Lainé, responsable de la communication de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse. On nous a d'abord demandé d'informer le plus largement possible les populations. Puis certains se sont interrogés sur la qualité des personnes qui ont répondu au questionnaire, craignant que les écolos soient surreprésentés. Mais, à l'origine, cette question de la représentativité n'avait pas été posée.»

Une autre critique porte sur le questionnaire lui-même qui comprend des informations induisant les réponses. Sylvie Lainé évoque le cas de l'hydroélectricité pour laquelle le questionnaire aborde les problèmes de dégradation des cours d'eau. «La personne sondée ne peut alors que se prononcer contre les barrages», admet la représentante des agences de l'eau.

Cette première expérience contrastée ne semble pourtant pas décourager les acteurs rassemblés lors du colloque. A l'image de Nelly Olin, ministre en charge de l'environnement, qui, lors de son discours inaugural, a qualifié la consultation de «point de passage obligé pour appliquer au domaine de l'eau les principes du développement durable.»




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