La précarité énergétique progresse encore

Le 22 novembre 2016 par Stéphanie Senet
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12 millions de personnes sont touchées dans l'Hexagone
12 millions de personnes sont touchées dans l'Hexagone

Selon l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), ce sont désormais 12 millions de personnes qui peinent à payer leur énergie. Le signe de l’échec des politiques publiques.

 

En hausse de 17% par rapport à 2006, la précarité énergétique concerne désormais 1 ménage sur 5, selon le bilan de l’ONPE basé sur l’enquête nationale Logement 2013[1]. Pour arriver à ce résultat, l’Observatoire a synthétisé 4 indicateurs: le taux d’effort énergétique[2], les bas revenus, les fortes dépenses, et la sensation de froid dans le logement.

Cette progression s’explique à la fois par la hausse des prix de l’énergie, la crise économique, mais aussi des statistiques plus précises, selon Bruno Lechevin, président de l’ONPE. Cette situation est d’autant plus inquiétante que l’envolée du prix de l’énergie observée ces dernières années devrait se poursuivre. «Une hausse de 10% ferait basculer 400.000 nouveaux ménages dans la précarité énergétique», observe le président de l’Ademe[3].

Il y a deux ans, l’Observatoire avait tiré le signal d’alarme, estimant que 5 millions de foyers étaient touchés, soit 11,5 millions de personnes.

 

Moins de revenus, plus de dépenses

 

Tous les précaires ne sont pas logés à la même enseigne. Les plus modestes (un tiers disposant de 15.181 euros de revenus annuels) sont aussi ceux qui consacrent le plus d’argent à se chauffer ou s’éclairer, soit 1.623 €/an contre 1.045 €, en moyenne, pour les autres catégories de familles modestes.

Autre conclusion: la majorité des logements qu’ils occupent sont humides ou vétustes, selon le décryptage réalisé par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Ce qui pose aussi des problèmes sanitaires.

 

Des logements anciens

 

Enfin, «la précarité énergétique est plus répandue parmi les locataires, habitant des logements anciens (avant 1975), situés en zones denses ou rurales, ainsi que les moins de 30 ans, les personnes seules et les familles monoparentales», note Charles-André Bernard, économiste statisticien au CSTB. Autant d’obstacles au lancement de travaux de rénovation énergétique à leur domicile.

Les certificats d’économie d’énergie ont permis, depuis janvier 2016, de financer des travaux offrant 200 M€ d’économies aux ménages les plus précaires d’ici 2030, selon le bilan publié ce 22 novembre par le ministère de l’environnement. Par ailleurs, les objectifs sont doublés pour la période 2018-2020, passant à 1.600 térawattheures cumac dont un quart pour la lutte contre la précarité énergétique.

 

Un chèque Energie balbutiant

 

Cette synthèse révèle l’insuffisance des politiques publiques, comme le programme Habiter mieux de l’Anah[4], les certificats d’économie d’énergie ou encore le lancement du chèque Energie, actuellement testé dans 4 départements[5] avant sa généralisation au printemps 2018. «Celui-ci ne devrait bénéficier qu’à 4 millions de personnes», selon Isolde Devalière, chef de la précarité énergétique à l’Ademe. Pour l’heure, 173.000 chèques ont été envoyés, pour un montant moyen de 150 €, selon le ministère de l'environnement.

La rénovation énergétique des logements reste toujours insuffisante par manque de moyens. Si la loi sur la transition énergétique vise 500.000 logements par an d’ici 2017, 50.000 ont été rénovés en 2015 et 70.000 sont prévus en 2016, selon le ministère du logement et de l’habitat durable.



[1] A noter que cette enquête exclut les étudiants et les ménages sans habitat fixe, dont la précarité énergétique est donc méconnue.

[2] Un ménage est considéré comme précaire énergétique lorsqu’il consacre plus de 10% de ses revenus aux dépenses énergétiques.

[3] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[4] Agence nationale de l’habitat

[5] Côtes d’Armor, Ardèche, Aveyron, Pas de Calais

 



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