La pollution liée au 11 septembre inquiète

Le 11 septembre 2006 par Agnès Ginestet
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Le gouvernement fédéral et la ville de New York se voulaient rassurants sur la qualité de l’air durant les semaines qui ont suivi l’effondrement des tours du World trade center (WTC). Certains officiels se sont au contraire montrés inquiets de l’impact des poussières sur la santé des personnes présentes.

Dans une note de service rédigée le 6 octobre 2001, Kelly Mc Kinney, chargé de mission au département de santé de la ville de New York, faisait mention d'un désaccord entre le Bureau de gestion de l'urgence (OEM) et le Département de protection de l'environnement (DEP). Le premier considérait qu'un retour rapide de la population dans la zone sinistrée était possible, alors que le second disait que la mauvaise qualité de l'air ne pouvait autoriser ce retour. C'est sur cette polémique qu'est revenu le New York Newsday dans un article publié le 27 août.

Depuis 5 ans, plus de 10.000 travailleurs ont déposé des demandes d'indemnisation pour cause de maladies, et même pour décès. Lors du nettoyage du site, nombre d'entre eux ne portaient pas d'équipements de protection, et se trouvaient directement exposés à de l'amiante et à d'autres substances dangereuses. «L'EPA a mis du temps à publier ses résultats et jusqu'à ce jour, elle n'a pas suffisamment informé le public sur les problèmes liés à qualité de l'air qui apparaissent depuis la catastrophe», avait aussi indiqué Kelly McKinney dans sa note de service.

Interviewé par Newsday, Kenneth A. Becker, chef de l'unité WTC du département juridique de la ville, a déclaré: «Les zones concernées n'ont pas été réouvertes au public avant que les poussières et les débris ne disparaissent et que les niveaux d'amiante soient revenus en dessous des seuils pendant deux jours consécutifs». Mais selon le journal, les représentants des différents gouvernements (fédéral, de la ville et de l'Etat) n'auraient pas renforcé les règles de sécurité au travail comme ils auraient dû le faire en donnant une amende ou en renvoyant les travailleurs qui ne portaient pas d'équipements respiratoires. Le taux d'utilisation de ce type d'appareil serait ainsi resté en dessous de 45% durant la plus grande partie du déblaiement du site. D'après un article du New York Times paru le 13 mai dernier, le Département des incendies a enregistré après le 11 septembre 2001 une forte augmentation des cas de sarcoïdose, une affection qui touche les poumons. Le taux d'incidence, qui était 5 fois plus élevé qu'en temps normal deux ans après la tragédie, a certes diminué. Mais les médecins s'inquiètent car d'autres pompiers pourraient être atteints.

Les conclusions d'un vaste programme d'analyse médicale ont été publiées le 5 septembre (1). 12.000 travailleurs et volontaires présents sur le site du WTC à partir du 11 septembre ont été examinés entre juillet 2002 et avril 2004. Sur les 9.500 personnes qui ont autorisé la publication de leurs résultats, environ 70% ont développé des symptômes nouveaux ou aggravés de troubles respiratoires, pendant ou après leur passage sur le site du WTC. Près de 60% présentaient toujours de tels symptômes lors de leur examen médical.

Une grande partie souffrait également de la toux dite «toux du World trade center». «L'effondrement des tours a généré des milliers de tonnes de particules comme de la poussière de ciment, des fibres de verre, de l'amiante, du plomb, des hydrocarbones aromatiques et des composés organochlorés. Certaines particules ont significativement augmenté la vulnérabilité des sujets aux spasmes bronchiques et à l'asthme», avait indiqué en 2004 Philip J. Landrigan, l'un des auteurs de l'étude. Récemment, il a encouragé les personnes ayant travaillé à Ground Zero à se faire examiner si elles ne l'ont pas déjà fait. Le 14 août, une nouvelle loi concernant les travailleurs du 11 septembre est entrée en vigueur. Elle permet à ceux qui ont développé ou développeront  des symptômes d'ici le 14 août 2007 de réclamer une compensation pour «maladie du travail».



(1) Robin Herbert et al, The World trade center disaster and the health of workers: Five-year assessment of a unique medical screening program, Environmental health perspectives




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