La pollution intérieure coûte au moins 20 milliards d’euros

Le 09 avril 2014 par Romain Loury
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20 milliards d'euros par an
20 milliards d'euros par an
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La pollution de l’air intérieur engendrerait un coût socio-économique d’environ 20 milliards d’euros par an en France, selon une étude publiée mercredi.

 

Sous forme de polluants chimiques, de contaminants biologiques ou de particules, la pollution de l’air intérieure constitue une préoccupation de santé publique souvent méconnue du grand public. A tort: au niveau mondial, elle engendrerait 4,3 millions de décès prématurés par an, contre «seulement» 3,7 millions pour la pollution atmosphérique (voir le JDLE).

S’il demeure difficile de chiffrer le poids sanitaire de cette pollution, il l’est encore plus d’en estimer l’impact économique, ainsi que viennent de le faire l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Publiée mercredi, leur étude constitue la première tentative d’estimation du poids socio-économique menée en France. Bilan: 19.884 décès par an, pour un coût de 19,5 milliards d’euros, dont plus de 16 milliards liés à la mortalité et à la baisse de qualité de vie des personnes touchées. Le reste se répartit entre pertes de production, coûts des soins et de la recherche. Près de trois quarts du coût socio-économique (73%) s’expliquent par les seules particules, loin devant le radon (13,7%) et le tabagisme passif (7%).

Une estimation «plancher»

Interrogée par le JDLE, Andrée Buchmann, présidente de l’OQAI, reconnaît que cette estimation de 20 milliards d’euros constitue «un plancher». «Beaucoup de questions restent ouvertes», les experts n’ont ainsi retenu que six des vingt polluants mesurés par l’OQAI à l’occasion de sa campagne nationale logements de 2003-2005, indique-t-elle.

La plupart du temps, faute des données nécessaires: exemple, le formaldéhyde, qui ne dispose pas de relation dose-réponse établie, rappelle Andrée Buchmann. Exit également l’amiante, les oxydes d’azote, de nombreux composés organiques volatiles, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou les agents biologiques (moisissures notamment), ajoutent les experts dans leur étude.

Seuls six polluants intérieurs -et les maladies qui leur sont le plus souvent associées- ont été intégrés: le benzène (leucémies), le trichloréthylène (cancers du rein), le radon (cancers du poumon), le monoxyde de carbone (asphyxies), les particules (cancers du poumon, maladies cardiovasculaires, BPCO [1]) et le tabagisme passif (cancers du poumon, infarctus, accidents vasculaires cérébraux, BPCO).

L’étude s’avère dès lors «plus illustrative que quantitative, compte tenu des hypothèses retenues et des limites identifiées», reconnaissent l’Anses et l’OQAI, qui y voient avant tout «une information utile pour l’orientation des mesures de prévention».

[1] Bronchopneumopathie chronique obstructive.



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