La pollution francilienne en 3D

Le 10 février 2014 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Aircity, pour voir la pollution rue par rue.
Aircity, pour voir la pollution rue par rue.
DR

Choisir son itinéraire dans Paris en fonction de la pollution? Ce sera bientôt chose possible, grâce à la mise au point d’un logiciel de modélisation en 3D, qui cartographie la présence d’oxydes d’azote et de particules fines à 3 mètres près.

Un halo marronnasse à l’horizon, quelques messages d’alerte au-dessus du périphérique et des conversations blasées autour de la machine à café… voilà à quoi se résume, le plus souvent, un épisode de pollution de l’air… Car les particules fines et autres oxydes d’azote sont des menaces invisibles, inodores et impalpables. Certes, ce sont des bombes sanitaires à retardement (même en dessous des normes réglementaires), mais leurs effets immédiats et différés passent souvent inaperçus du grand public. C’est à cette «invisibilité» à laquelle pourrait remédier Aircity, le premier simulateur 3D de pollution urbaine. Encore au stade du prototype, le dispositif[1] ambitionne de donner une représentation précise de la dispersion de la pollution, en fonction du vent et des bâtiments environnants.

 

Zigzaguer entre les pollutions

«Les gens pourront naviguer dans les champs de concentration de polluants, identifier leur exposition et optimiser leur trajet en fonction, explique Frédéric Mahé, le chef de projet Aircity au Journal de l’environnement. S’ils visualisent la pollution, les gens se sentiront plus concernés», espère-t-il. Les calculs ont d’abord été menés sur une zone centrale d’environ 4 km2 -soit «l’hyper centre» de Paris-, avant d’être étendus sur plus de 160 km2, le tout alimenté par les données de 4 stations de mesure en centre-ville et 20 stations sur l’ensemble de Paris. De quoi permettre à chaque Francilien de développer des stratégies d’évitement des NOx et des particules fines.

 

Aménager selon les vents

Le volet «action» du programme, s’il ne porte pas sur les émissions des pollutions, entend agir sur leur circulation. «Le modèle tient compte des bâtiments, de leur taille, de leur forme et des vents autour. Il peut donc être utilisé pour penser l’aménagement dans les quartiers, précise Frédéric Mahé. Soit en aval, pour décider de l’implantation d’un établissement sensible comme une crèche. Soit en amont, lors d’opérations de rénovation urbaine.» Autre hypothèse, qui ne manquera pas d’intéresser les prétendant(e)s à la succession de Bertrand Delanoë: le modèle peut tester des scénarios de réduction des émissions lors de l’introduction de voitures électriques ou lorsque seraient, sait-on jamais, interdits les véhicules diesel.

 

Cette première mondiale attend toutefois des financements pour passer en phase opérationnelle. Pour que, demain, on puisse enfin savoir, en fonction de la concentration de polluants, quel trottoir choisir pour remonter les Champs-Elysées…

 

 



[1] Développé par Airparif, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et coordonné par Aria Technologies avec des fonds européens.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus