La pollution de l’air, un poids à vie

Le 09 février 2016 par Romain Loury
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Le grand smog de Londres (1952)
Le grand smog de Londres (1952)

La pollution atmosphérique continue à accroître le risque de mortalité plusieurs décennies après l’exposition, révèle une étude britannique publiée mardi 9 février dans la revue Thorax. Des effets à très long terme, et qui se cumulent à l’exposition actuelle.

C’est l’une des études à plus long terme menée sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique: conduite par l’équipe de John Gulliver, de l’Imperial College de Londres, elle révèle que le carbone suie et le dioxyde de soufre (SO2) accroissent la mortalité jusqu’à 50 ans après l’exposition.

L’étude a porté sur près de 368.000 Anglais et Gallois inscrits dans la Longitudinal Study de l’Office of National Statistics (ONS), suivis de 1971 à 2009. Les chercheurs ont analysé, pour les années 1971, 1981, 1991, leur exposition au carbone suie et au SO2 en fonction de leur lieu de résidence, puis aux particules fines inférieures à 10 micromètres (PM10) pour 2001.

Après prise en compte de divers facteurs démographiques, mais aussi d’expositions ultérieures à la pollution, le carbone suie et le SO2 de 1971 continuent à être nocifs des décennies plus tard. Pour toute hausse de 10 µg/m3 de l’exposition au carbone suie en 1971, le risque de décéder d’une maladie respiratoire est surélevé de 5% au cours de la décennie 2000.

Quarante ans après, un écart de 14%

Cet effet à très long terme est donc loin d’être négligeable: sur la période 2002-09, les personnes ayant vécu dans les zones les plus polluées en 1971 présentaient encore un risque de mortalité accru de 14% par rapport à celles ayant résidé dans les lieux épargnés par la pollution.

Ce résultat pourrait avoir des implications sur l’étude de la pollution récente, notamment par les PM10, dont les résultats pourraient être en partie biaisés. En tenant compte de la pollution passée au carbone suie et au SO2, le risque de mortalité liée à une hausse de 10 µg/m3 du taux de PM10 passe de +24% à +16% sur la décennie 2002-09.

«L’effet d’expositions plus récentes pourrait être légèrement surestimé si l’on omet de tenir compte des expositions passées [ce qui est souvent le cas, ndlr]. Ce phénomène [lié à une transition du carbone suie vers les PM10] pourrait être particulièrement significatif dans des pays comme la Chine», qui prévoient de remplacer leurs centrales au charbon par des énergies renouvelables, mais voient leur trafic automobile exploser.



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