La pollution de l’air tue les Pékinois

Le 16 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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La semaine dernière, un épais nuage de pollution stagnant sur Pékin a cloué au sol des centaines d’avions. Dans le même temps, les urgences de l’hôpital universitaire ont vu affluer les malades dont 5 personnes admises après une crise cardiaque, alors que seuls 1 ou 2 patients présentaient les mêmes symptômes la semaine précédente. «Les problèmes ne sont pas respiratoires», explique la directrice adjointe du service de cardiologie de l’hôpital.

Chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l’air tue environ 1,3 million de personnes dans le monde. Mais la pollution ne provoque pas uniquement de l’asthme ou des problèmes respiratoires. De plus en plus d’indices tendent à prouver qu’elle est à l’origine de troubles cardiaques, qu’elle peut affecter la circulation sanguine et même être à l’origine de malformations à la naissance.

«Les jours de pollution, nous recevons beaucoup plus de patients avec des problèmes de tension artérielle, une sensation de suffocation, et des douleurs à la poitrine» complète Ding Rongjing, la directrice adjointe du service de cardiologie. Elle a pu constater une augmentation de 40% des cas de crises cardiaques lorsque le smog s’abat sur la mégalopole.

Les particules les plus fines sont celles qui pénètrent le plus profondément dans les poumons avant de passer dans le sang. Elles augmentent les risques de formation de caillots sanguins dans les artères bloquant le flux d’oxygène vers le cœur, le cerveau ou d’autres organes, ce qui fragilise encore ceux qui ont des problèmes artériels.

Et avec 38% du total des décès, les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès en Chine selon l’OMS.
 
En Chine, le trafic routier est le premier émetteur de particules. L’année dernière, 4,81 millions de voitures ont circulé sur les routes de Pékin: 3 fois plus qu’en 2000 selon les données gouvernementales. «L’explosion de l’achat de véhicules individuels a anéanti tous les efforts de réduction des pollutions industrielles réalisés au cours des 10 dernières années», explique le directeur adjoint de l’institut chinois de santé environnementale.
 
Pour l’instant, les autorités chinoises ne surveillent que les concentrations en particules les plus larges (PM10 : diamètre de 10 microns). Seule l’ambassade des Etats-Unis publie régulièrement sur son compte twitter des informations sur la concentrations dans la capitale chinoise en particules PM2,5 (2,5 microns de diamètre). Les autorités ne prévoient de publier les données relatives aux particules fines, dans chaque ville chinoise, y compris Pékin, que d’ici 2016. Un calendrier beaucoup trop lent, s’inquiète la presse chinoise. D’ailleurs le journal China Daily News, propriété de l’Etat, appelle le gouvernement à être «suffisamment courageux» pour mesurer également les particules fines.
 
Selon les données officielles sur les PM10, Pékin occupe la 5e plus mauvaise place des villes chinoises en ce qui concerne la qualité de l’air. La moyenne annuelle est de 121 microgrammes par mètre cube par rapport à une moyenne globale de 71 μg alors que l’OMS recommande une valeur maximale de 20 μg/m3.
Une étude de l’école de santé publique de Pékin réalisée en 2009 montre que chaque dépassement en PM2,5 de 10 μg par rapport à la valeur guide de l’OMS augmente de 7% les admissions aux urgences pour des problèmes cardiovasculaires.
 
«Nous nous inquiétons vraiment pour les jeunes enfants et les personnes âgées qui ont des problèmes pulmonaires et des maladies cardiaques», explique Richard Saint Cyr, médecin au Beijing United Family Hospital. «La plupart des gens pensent que la pollution n’affecte que les poumons. Mais si, souffrant de troubles cardiaques, vous jouez au golf pendant un pic de pollution, vous risquez clairement d’avoir une crise cardiaque.»
 


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