La pollution de l’air tue 600.000 enfants dans le monde par an

Le 29 octobre 2018 par Romain Loury
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400.000 enfants décédés à cause de l'air intérieur
400.000 enfants décédés à cause de l'air intérieur
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Chaque année, la pollution de l’air, qu’il soit atmosphérique ou intérieur, tue environ 600.000 enfants à travers le monde, selon un rapport publié lundi 29 octobre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Premier continent touché, l’Afrique.

Publié à la veille de la première conférence mondiale de l’OMS sur la pollution de l’air et la santé (30 octobre-1er novembre, Genève), cette étude consacrée aux enfants révèle que 93% des moins de 15 ans respirent un air dépassant les valeurs-seuils de l’OMS pour les particules fines de taille inférieure à 2,5 microns (PM2,5) (1). Ce chiffre recèle de fortes disparités: il s’élève à 98% dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, à 52% dans les pays à revenu élevé.

La pollution intérieure, premier danger

Pour la première fois, l’OMS a tenté de chiffrer l’impact de la pollution de l’air (atmosphérique ou intérieur) sur la mortalité infantile. Selon ses calculs, la pollution atmosphérique a tué environ 300.000 enfants en 2016 (contre 4,2 millions de victimes totales), la pollution de l’air intérieur, le plus souvent liée à des fourneaux de cuisine, environ 400.000 enfants (3,8 millions de victimes totales). Soit un total de 600.000 enfants (les deux pollutions se recouvrant partiellement), à savoir 543.000 enfants de moins de 5 ans et 52.000 âgés de 5 à 15 ans.

C’est dans les pays pauvres d’Afrique que les enfants courent le plus de risques de décéder de la pollution de l’air: en 2016, l’incidence de mortalité y atteignait 184,1 cas pour 100.000 enfants, devant la zone OMS «Méditerranée orientale» (98,6 cas pour 100.000) et l’Asie du Sud-est (75 cas pour 100.000). Par comparaison, le taux de mortalité dans les pays riches d’Europe, dont la France, n’est estimé qu’à 0,3 cas pour 100.000.

Naissances prématurés, troubles cérébraux, etc.

Au-delà des infections respiratoires, la pollution de l’air engendre bien d’autres effets sur la santé des enfants: naissances prématurées (et donc risque accru de mortalité infantile, de maladies pédiatriques ou à l’âge adulte), mais aussi troubles du développement cérébral, dont l’autisme et les troubles de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), et cancers pédiatriques.

Chez les enfants, les facteurs de vulnérabilité à la pollution sont nombreux. Primo, leurs organes respiratoires sont en plein développement, donc plus fragiles; deuxio, leur respiration est plus rapide, ce qui engendre une exposition plus élevée aux polluants, rapportée à leur poids, que pour les adultes; tertio, la teneur en polluants de l’air est plus élevée près du sol.

En Europe, une situation qui s'améliore

En Europe comme en France, la qualité de l’air s’améliore peu à peu, tandis que ses impacts sanitaires diminuent: depuis 1990, le nombre de décès prématurés a chuté d’environ un demi-million de cas annuels, révèle un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) publié lundi 29 octobre, portant sur 41 pays européens. En 2015, la pollution de l’air a causé 422.000 décès prématurés en Europe, dont 391.000 dans l’Union européenne. Selon l’AEE, 74% de la population urbaine de l’UE est exposée à des teneurs en PM2,5 dépassant les valeurs-seuils de l’OMS, contre 7% pour le dioxyde d’azote et 12% pour l’ozone. i Pour les PM2,5, les valeurs-seuils de l’OMS sont de 10 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m3) pour la moyenne annuelle, de 25 µg/m3 en moyenne sur une période de 24 heures.

(1) Pour les PM2,5, les valeurs-seuils de l’OMS sont de 10 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m3) pour la moyenne annuelle, de 25 µg/m3 en moyenne sur une période de 24 heures.



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