La pollution de l’air gonfle les rivières

Le 06 octobre 2014 par Romain Loury
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L'Oder, dopé par la pollution de l'air
L'Oder, dopé par la pollution de l'air
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La pollution de l’air, en atténuant la lumière solaire, accroît le flux des rivières en diminuant leur évaporation, révèle une étude publiée dans Nature Geoscience. Le phénomène, qui a connu un pic au début des années 1980, a touché en premier lieu les cours d’eau d’Europe de l’est, régions les plus polluées.

La pollution de l’air fait-elle grossir nos rivières? Oui, et pas qu’un peu, selon Nicola Gedney, du Met Office Hadley Centre de Wallingford (Royaume-Uni), et ses collègues. Dans leur modélisation mathématique, les chercheurs ont pris en compte plusieurs facteurs influant sur le flux des rivières, dont le climat, la pollution de l’air, le taux de CO2 et la déforestation.

Plus d’aérosols, c’est plus d’eau

L’abondance en aérosols apparaît comme un facteur crucial: lors du pic de pollution au début des années 1980, l’Europe de l’est, zone la plus polluée parmi les pays industrialisés du nord, a ainsi vu ses rivières atteindre un flux très élevé. Par rapport à la moyenne du XXème siècle, il était accru de 25% pour l’Oder, de 21% pour l’Elbe et de 11% pour le Danube.

Pas bon pour l’eau, l’assainissement de l’air

La baisse s’est amorcée lorsque le taux d’aérosols s’est mis à diminuer. C’est d’ailleurs ce qui inquiète les chercheurs: car outre la montée des températures, qui va accroître le risque de sécheresse, la meilleure qualité de l’air pourrait aussi accroître l’évaporation des cours d’eau. «Ce phénomène a des implications sur les prédictions du changement climatique, et il doit y être inclus», jugent-ils.

Effets indésirables

En Europe, la proposition de «paquet Qualité de l’air», présentée fin 2013, prévoit de diminuer les émissions de dioxyde de soufre, d’ammoniac, de composés organiques volatils, de méthane, d’oxydes d’azote et de particules fines. Objectif: réduire de moitié l’incidence sanitaire de la qualité de l’air entre 2005 et 2030 (voir le JDLE). Une ambition fort louable, mais qui, à la lumière de ces nouveaux résultats, pourrait avoir quelques effets indésirables.



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