La pollution de l’air fragilise aussi les os

Le 03 janvier 2020 par Romain Loury
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A New Delhi, des records de pollution de l'air
A New Delhi, des records de pollution de l'air
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Respirer trop de particules fines pourrait favoriser l’ostéoporose, révèle une étude menée en Inde et publiée vendredi 3 janvier.

Au fil des découvertes scientifiques, la liste des dégâts sanitaires de la pollution de l’air ne cesse de s’allonger: outre les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, plusieurs travaux ont suggéré un lien avec le diabète et l’obésité, avec la maladie d’Alzheimer, voire avec des troubles reproductifs.

Or une nouvelle étude, publiée dans la revue JAMA Network Open par Otavio Ranzani, de l’Institut pour la santé mondiale de Barcelone, et ses collègues, révèle l’existence d’un risque jusqu’alors méconnu: la pollution de l’air pourrait favoriser une diminution de la densité osseuse, pouvant aller jusqu’à l’ostéoporose. Pour montrer cela, les chercheurs ont étudié une population de 3.717 habitants de 28 villages des environs d’Hyderabad, dans le sud de l’Inde.

Des effets inflammatoires et oxydants

Les chercheurs y montrent une claire association entre la densité osseuse et la teneur atmosphérique en particules fines d’une taille inférieure à 2,5 microns (PM2,5). A noter que cette pollution y était particulièrement élevée, avec une moyenne annuelle de 38 µg/m3 d’air[i], bien au-dessus du seuil de 10 µg/m3 recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon les chercheurs, le lien entre PM2,5 et ostéoporose pourrait être lié aux effets inflammatoires et oxydants de ces particules. Autre piste, ces polluants pourraient filtrer la lumière solaire de ses rayons ultraviolets, nécessaires à la production cutanée de vitamine D –élément essentiel à la synthèse osseuse.

Du fait de l’urbanisation et du vieillissement de la population, l’ostéoporose, déjà répandue dans les pays industrialisés, devrait connaître un boom dans les pays émergents. Selon des projections pour 2050, 51% des fractures de hanche mondiales devraient survenir en Asie, rappellent les chercheurs.



[i] Pour comparaison, la moyenne annuelle parisienne, en 2018, était comprise entre 11 et 14 µg/m3, voire 18 µg/m3 au voisinage des grands axes routiers, selon des données d’Airparif.