La pollution de l’air favorise l’hypertension (comme le bruit)

Le 25 octobre 2016 par Marine Jobert
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La pollution de l'air, fléau sanitaire.
La pollution de l'air, fléau sanitaire.
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Vivre à proximité d’axes routiers bruyants et pollués accroit sensiblement le risque d’hypertension. 15% des participants à une cohorte européenne ont développé cette pathologie, qui constitue un risque important de maladies et de décès prématurés.

C’est le résultat auquel est parvenue une équipe européenne, en analysant les déclarations de 41.072 participants à la cohorte Escape[1] sur l’évolution de leur état de santé au fil des années. Qu’ils résident en Norvège, Suède, Danemark, Allemagne ou Espagne, aucun des participants ne souffrait d'hypertension quand a commencé l’étude, en 2008. Dans les 5 à 9 années qui ont suivi, 6.207 d'entre eux (soit 15%) ont indiqué avoir développé une hypertension ou commencer à prendre des médicaments contre l'hypertension.

5 µg qui font la différence

Cette étude, publiée dans la revue spécialisée European Heart Journal, confirme que l’intensité de la pollution est un facteur essentiel: dans la même tranche d’âge, une personne de plus sur 100 personnes développerait une pression artérielle élevée selon qu’elle réside dans la partie la plus polluée de la ville ou non. Chaque tranche supplémentaire de 5 microgrammes par mètre cube (µg/m3) de PM 2,5 augmentait le risque d'hypertension artérielle d'un cinquième pour les habitants des zones les plus polluées, par rapport à ceux vivant dans les endroits les moins pollués. Une autre étude publiée fin 2013 sur la même cohorte mettait en évidence qu’une différence de 5 µg/m3 d’air de la concentration en PM2,5 sur l'année accroît de 7% le risque de mourir d'une cause ‘naturelle’ (ce qui exclut les décès par suicide ou accident).

Tout le monde est exposé

Les effets délétères du bruit sur la santé commencent à être bien connus. L’étude Tri-Tabs, menée dans trois villes européennes (Grenoble, Girone en Espagne et Bâle en Suisse) avait notamment démontré que toute hausse de 5 décibels (dB) de l’exposition au bruit augmentait le risque d’hypertension de 6%, indépendamment de la qualité de l’air. A l’inverse, une fois l'effet du bruit exclu, le retentissement de la pollution de l'air sur la tension persiste, a expliqué Barbara Hoffmann, la responsable de l'étude qui vient d’être publiée. «Comme presque tout le monde est exposé à la pollution de l'air au cours de sa vie, cela conduit à un nombre élevé de cas d'hypertension, constate la chercheure de l’université de Düsseldorf (Allemagne). La législation actuelle ne protège pas la population européenne de manière adéquate contre les effets néfastes de la pollution de l'air.»

Législation dramatiquement faible

Santé publique France avait récemment abouti aux mêmes conclusions en comparant les conséquences sur l’espérance de vie de plusieurs scénarios de réduction des concentrations en particules fines dans l’air menés par l’Union européenne, l’Etat français ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2015, toutes les concentrations de fond étaient inférieures à la valeur réglementaire 2015 de la directive européenne (25 μg/m3), avaient constaté les chercheurs. Restaient quelque 87.000 personnes exposées à des concentrations dépassant la valeur-cible prévue pour 2020 par cette directive (20 μg/m3), dont le respect permettrait d’éviter… 11 décès par an.

 



[1] Etude européenne de cohortes sur les effets de la pollution atmosphérique.

 



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