La pollution de l’air fait tousser les écoliers de Paris et Marseille

Le 28 mars 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Aucune mesure de la pollution de l'air n'est obligatoire dans les écoles
Aucune mesure de la pollution de l'air n'est obligatoire dans les écoles

 

Publiées ce 28 mars par les associations Respire et Greenpeace, deux cartographies permettent de connaître l’exposition précise aux principaux polluants atmosphériques des établissements scolaires de Paris et Marseille.

 

Sortez les mouchoirs. Les enfants et adolescents de 682 établissements franciliens sont exposés à des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) supérieurs à la norme (40 microgrammes par mètre cube d’air). Voici ce qu’a constaté l’association Respire, qui a superposé la carte d’Airparif sur la pollution de l’air extérieur en Ile-de-France en 2017 à celle des 12.520 établissements scolaires (de la crèche au lycée). La situation s’avère plus critique à Paris, avec 26% des écoles touchées, contre 3,6% des établissements en petite couronne et 0,1% en grande couronne. Sans surprise, la proximité des grands axes routiers représente le facteur principal de ces dépassements.

 

Amélioration en 6 ans

Exhaustive, cette cartographie en ligne couvre l’ensemble des crèches, écoles, collèges et lycées d’Ile-de-France et indique les concentrations moyennes de NO2 et de particules PM10 et PM2,5 de 2012 à 2017 (cf encadré).

Encore un effort / En 2017, 26% des établissements parisiens sont soumis à des concentrations de NO2 supérieures à la norme, contre 66% en 2012. En petite couronne, cette pollution est passée de 8,4% à 2,9% des écoles et en grande couronne de 0,7% à 0,1%.

«On observe une nette amélioration au cours des 6 dernières années mais la situation reste très préoccupante pour la santé de nos enfants, qui sont directement exposés aux pots d’échappement des voitures et aux risques de pathologies respiratoires, de retards cognitifs et de troubles de la santé mentale», affirme Olivier Blond, président de Respire.

 

PM2,5: 100% de dépassements à Paris et en petite couronne

Côté particules fines, les écoles sont dans les clous des normes européennes issues de la directive sur la qualité de l’air mais dépassent largement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La totalité des sites parisiens et de petite couronne crèvent le plafond de 20 ?g/m3 pour les PM2,5 (69% en grande couronne). Un résultat quasi-similaire est observé pour les PM10, dont les limites de l’OMS sont franchies à 97% à Paris, 44% en petite couronne mais seulement 2% en grande périphérie.

 

22% des écoles marseillaises polluées

Les petits Marseillais sont logés à la même enseigne. 22% des écoles municipales sont situées à moins de 50 mètres d’une zone dépassant le seuil légal de NO2 (40 ?g/m3), selon la cartographie publiée par Greenpeace à partir des données d’AtmoSud (cartographie ciblant uniquement les crèches et les écoles). Un résultat qui monte à 58% lorsqu’on déplace le curseur à 200 mètres d’une zone polluée. Là encore, le trafic routier est le premier responsable, et en particulier les véhicules roulant au diesel.

 

L’air intérieur à la loupe

L’association Respire, qui a remis ces résultats à la maire de Paris Anne Hidalgo, réclame 5 mesures. A commencer par une évaluation précise de la pollution de l’air intérieur dans chaque établissement francilien.

 

Zone à faibles émissions

Autre urgence: encourager la création et l’extension des zones à faibles émissions (ZFE) pour réduire le trafic routier (cf. encadré). Lorelei Limousin, du Réseau Action Climat, rappelle que «la métropole du Grand Paris a voté, le 12 novembre dernier, la mise en place d’une ZFE élargie au périmètre de l’autoroute A86 à partir de juillet 2019. Mais seulement la moitié des 79 mairies concernées ont d’ores et déjà lancé le processus de consultation.»

Seule la circulation des véhicules Crit’Air 5 et non classés sera par ailleurs limitée. Enfin, l’ONG réclame une voie verte réservée aux transports moins polluants sur les autoroutes urbaines. Ce qui favoriserait les transports en commun, le covoiturage, ainsi que les véhicules électriques et hybrides.

 

Et la fin des véhicules thermiques?

Même chose à Marseille, où Greenpeace demande «la mise en place de toute urgence d’une zone à faibles émissions limitant progressivement la circulation des voitures et des camions polluants et la fixation d’un cap de sortie pour le diesel puis l’essence». Un cap incertain puisque le Sénat a rejeté le 27 mars tous les amendements à la loi sur les mobilités (LOM) demandant d’interdire la vente aux particuliers de véhicules diesel et essence à partir de 2040.

 Selon une étude Airparif de mars 2018, une zone à faible émission ambitieuse –ciblant les véhicules dès Crit’Air 3– et élargie à l’A86 permettrait de réduire la pollution au NO2 de 9 ?g/m3 en moyenne annuelle et même de 14 ?g/m3 dans le centre de Paris. La valeur réglementaire ne serait plus dépassée que dans un établissement scolaire sur 70.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus