La pollution de l’air, autre cause de diabète?

Le 25 mars 2015 par Romain Loury
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Un effet probablement indirect
Un effet probablement indirect
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Chez les enfants, la pollution atmosphérique pourrait augmenter le risque de diabète, maladie en pleine expansion chez les plus jeunes, révèle une étude allemande publiée dans la revue Epidemiology.

Représentant environ 10% des cas de diabète, celui de type 1 («diabète insulinodépendant»), se distingue de celui de type 2 (non insulinodépendant, lié à l’obésité) par le fait qu’un patient sur deux a moins de 20 ans. D’origine auto-immune, cette maladie se caractérise par la destruction des cellules pancréatiques produisant l’insuline. Elle connaît une forte croissance depuis ces 20 dernières années (+3,7% par an), en particulier chez les plus jeunes.

Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), «les raisons de ces évolutions sont inexpliquées à ce jour, mais les modifications de l’environnement et de son interaction avec le génome sont montrées du doigt: taux d’infections virales, accroissement de l’âge maternel, alimentation, exposition à des toxines...».

Une autre cause pourrait s’y ajouter, la pollution atmosphérique, suggère une étude menée par Andreas Beyerlein, du centre Helmholtz de Munich, et ses collègues. Portant sur 671 enfants atteints d’un diabète de type 1, issus de la cohorte DiMelli, elle révèle que la maladie survient bien plus tôt dans les zones dont l’air est le plus pollué.

C’est pour les particules fines PM10 que l’association est la plus marquée. Les 10% d’enfants exposés à l’air le plus pollué ont vu leur diabète survenir vers l’âge de 1 an et 11 mois, contre 4 ans et 8 mois chez ceux vivant dans les zones les moins polluées. Un même phénomène est observé avec le dioxyde d’azote (NO2), moins nettement avec les particules PM2,5, indépendamment du niveau d’urbanisation.

Les infections respiratoires en cause?

Interrogé par le JDLE, Andreas Beyerlein estime que «nous ne pouvons que spéculer sur les mécanismes en jeu, mais nous avons déjà observé des associations entre des infections respiratoires chez de jeunes enfants et le développement d’une auto-immunité associée au diabète de type 1 lors d’une précédente étude, c’est peut-être une piste».

Selon d’autres travaux, certains virus pourraient s’attaquer aux cellules pancréatiques, voire déclencher la réaction d’auto-immunité. Et ce en raison d’antigènes ressemblant à ceux présents dans le pancréas, le système immunitaire produisant alors des anticorps se retournant contre l’organisme.

Cette hypothèse d’un élément déclencheur infectieux est fréquemment évoquée pour d’autres maladies auto-immunes, dont la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Si le lien entre pollution et diabète était avéré, cette maladie viendrait s’ajouter à toutes celles déjà associées à la pollution atmosphérique, dont les maladies cardiovasculaires, les infections respiratoires, le cancer du poumon. Ce qui pourrait alourdir le bilan dressé en mars 2014 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui estimait que la pollution atmosphérique a entraîné 3,7 millions de décès prématurés en 2012.



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