La pollution atmosphérique mine la Sécu

Le 13 avril 2015 par Romain Loury
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Paris sous la pollution
Paris sous la pollution
Airparif

En France, la pollution atmosphérique coûte entre 1 et 2 milliards d’euros par an pour la prise en charge des maladies respiratoires, révèle une étude publiée dans la revue Environnement, Risques & Santé. Plus élevé que ce que l’on pensait jusqu’alors, ce chiffre serait encore en deçà de la réalité.

Alors que Paris souffre sous la pollution aux particules fines, l’étude tombe à pic. Analysant les 5 maladies respiratoires les plus fréquentes (consultation, traitement, hospitalisation, arrêt de travail, etc.) et les coûts d’hospitalisation pour les maladies cardiovasculaires, l’équipe d’Isabella Annesi-Maesano, de l’Institut Pierre Louis d'épidémiologie et de santé publique [1], révèle que le coût annuel équivaudrait entre 15% et 31% du déficit de la sécurité sociale en 2012, qui était de 5,5 Md€.

En tête des dépenses, l’asthme s’avère le plus onéreux pour la société, avec un coût estimé entre 315 millions et 1,1 milliard. Quant aux bronchites (chroniques et aigües), elles coûteraient 283 M€. En estimation haute, les cancers des voies respiratoires s’élèveraient à 249 M€, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) à 186 M€.

Une estimation a minima

On est donc loin devant les précédentes estimations, qui évoquaient un coût compris entre 70 et 600 M€ par an. Pourtant ce nouveau chiffre de 1 à 2 Md€ serait lui-même «incomplet et sous-évalué», admettent les chercheurs.

Plusieurs frais (transport, prescriptions annexes) n’ont pas été pris en compte. Ensuite, seuls les nouveaux cas de maladie survenus dans l’année ont été évalués, et non ceux apparus auparavant, mais qu’il faut continuer de soigner. Enfin, les chercheurs ont laissé de côté les rhinites, les sinusites et les conjonctivites.

Et il ne s’agit là que des maladies respiratoires. Plusieurs études récentes ont en effet montré l’impact de la pollution atmosphérique sur des maladies métaboliques (obésité, diabète), mais aussi sur des troubles de développement de l’enfant (autisme, hyperactivité).

Selon les chercheurs, «il est primordial de poursuivre notre effort d'évaluation de l'impact sur la santé des Français et de l'évaluation du coût sur notre système de soins. L'évaluation de ses impacts pourrait servir de base de réflexion à l'application du principe pollueur/payeur, d'autant qu'il est difficile de nier aujourd'hui l'impact de la pollution de l'air sur la morbidité».

[1] UMR-S 1136, Inserm/université Pierre-et-Marie-Curie, Paris



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