La politique anti-bruit d’Aix-les-Bains

Le 12 février 2007 par Agnès Ginestet
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A travers deux de ses projets, la ville savoyarde souhaite lutter contre les nuisances sonores, qu’elles soient provoquées par le transport ferroviaire ou l’activité d’un supermarché.

5 décembre 2006. Aix-les-Bains est récompensée pour son «intégration acoustique réussie d'une surface commerciale» dans le cadre du Décibel d'or. Un concours qui chaque année met en valeur des initiatives dans la lutte contre le bruit. Sur une ancienne friche du centre-ville, un supermarché Champion a été conçu en tenant compte des 75 logements voisins. Ventilation et installations frigorifiques ont par exemple été équipées d'un isolement vibratoire, permettant de les désolidariser de la structure de l'immeuble.

«Un cahier des charges acoustique a été défini pour que la surface commerciale ne génère pas de nuisances sonores», indique ainsi Philippe Michal, ingénieur en charge de l'écologie et des aménagements urbains à la mairie d'Aix-les-Bains. En septembre 2006, le niveau sonore mesuré sur le balcon d'une habitation située face au groupe froid du supermarché était inférieur à 40 décibels (dB) entre minuit et 5 heures pendant 94% du temps. Ce niveau correspond à l'exposition que l'ont peut avoir dans un parc en zone urbaine. «A l'intérieur des logements, il n'y a pas de bruit lié à l'activité de la surface commerciale», souligne Philippe Michal. «Les coûts liés au préventif ont été minimes, puisqu'ils représentent environ 1% du montant de l'opération», ajoute-t-il.

L'autre grand projet d'Aix-les-Bains concerne la résorption de ses points noirs bruit (1) liés au trafic ferroviaire. La mise en place d'un écran acoustique et la protection d'habitations situées le long de la voie ferrée qui traverse le centre-ville sont en cours. «Nous sommes enfin arrivés au stade des travaux, qui ont mis 10 ans à débuter. La démarche est très longue, car les co-financements correspondants à chaque étape du projet ne sont pas faciles à trouver», explique Anne Guerrero, responsable de la mission environnement et développement durable de Réseau ferré de France (RFF).

Comme indiqué dans la réglementation (1), le gestionnaire des infrastructures ferroviaires, qui participe financièrement aux travaux à hauteur de 25%, est associé dans ce projet à l'Etat (25%), ainsi qu'aux collectivités locales qui apportent les 50% restants, Aix contribuant pour 32,5%. «Le principe pollueur-payeur n'est pas respecté. Les collectivités paient alors qu'elles ne font pas de bruit!», estime toutefois Philippe Michal. Pour Anne Guerrero, l'urbanisation le long des voies existantes et la hausse du trafic ferroviaire liée à une demande croissante de mobilité et de transport ont cependant participé à l'augmentation des nuisances sonores. « La ville envisage de commencer la deuxième tranche de travaux en 2008. Mais on attend toujours la part financière de l'Etat», indique Philippe Michal.

Outre les écrans acoustiques, 141 logements ont eu la possibilité de bénéficier d'un isolement de façade, que le ministère chargé de l'environnement a subventionné à hauteur d'au moins 80%. «La valeur moyenne des travaux a été de 5.500 euros par logement», précise Philippe Michal.

Aix-les-Bains ne compte pas en rester là. Son prochain projet «anti-bruit» sera la mise en place à partir du 1er avril de balises acoustiques mesurant le niveau sonore à proximité des boîtes de nuit, avec à terme la possibilité de transmettre une alerte à la police municipale.



(1) Voir la circulaire interministérielle du 28 février 2002 relative aux politiques de prévention et de résorption du bruit ferroviaire, et la circulaire du 25 mai 2004 sur le bruit des infrastructures de transport terrestre




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