La plasturgie se prépare à l’éco-conception des voitures

Le 20 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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La Fédération de la plasturgie a clos le 8 décembre son programme Life-environnement sur l’éco-conception des pièces en plastique des véhicules. Les équipementiers ont ainsi établi une nouvelle relation avec les constructeurs et des méthodes d’échange d’information sur la recyclabilité des plastiques.

La transposition de la directive 2000/53/CE sur les véhicules hors d'usage (VHU) s'achèvera avec la publication dans les prochaines semaines des derniers décrets d'application. Ce texte impose un taux de recyclabilité des véhicules de 85% en 2006 et de 95% en 2015. Ces objectifs ne pourront être atteints que grâce aux plastiques. L'acier qui compose 70% du poids d'une voiture est en effet déjà recyclé.

Dès 2001, la fédération de la plasturgie qui regroupe les 1600 grandes entreprises sur les 4600 que compte le secteur s'est alarmé du manque de préparation des entreprises à ces nouvelles exigences. S'est ainsi qu'a été lancé le programme d'éco-conception baptisé Edit-Life: «nous avions plusieurs difficultés à résoudre, raconte Jean-Yves Burgy, directeur du département Hygiène-Sécurité-Environnement à la fédération de la plasturgie. Il fallait que les plasturgistes échangent entre eux pour se mettre d'accord sur les plastiques à utiliser afin de générer des volumes rentables de matière à récupérer en fin de vie. Et il fallait également donner des informations aux constructeurs pour qu'ils les intègrent dans les rapports à remettre aux pouvoirs publics et à l'industrie du recyclage».

Le programme européen life a essentiellement porté sur le partage des données au sein du secteur de la construction tout en préservant le secret industriel.  Et une trop grande transparence sur les procédés de fabrication accordées aux constructeurs peut également avoir des conséquences sur le calcul des coûts des pièces sous-traitées. Les constructeurs assemblent plus de 5000 composants fabriqués à 80% par des équipementiers. La rentabilité se fonde essentiellement sur la négociation des prix.

Le programme a permis d'élaborer de nouvelles méthodologies d'éco-conception des pièces automobile. Le matériau plastique de base sera le polypropylène (PP) pour les pièces les plus importantes comme les pare-chocs: «Aujourd'hui, 50% des projets développés ont initialisé la démarche d'éco-conception, affirme Frédéric Viot, responsable environnement recyclage chez Plastic Omnium. Prenons le cas du bouclier avant de la dernière Land Rover : 40% de la pièce est en matière recyclée et elle est à 95% recyclable ». Plastic Omnium a formé 90 personnes sur la prise en compte de critères environnementaux dans la fabrication des produits.

L'échange des informations techniques est maintenant encadré par des règles précises: «les constructeurs ont bien compris que les seules informations données par les équipementiers concerneront uniquement la recyclabilité de leur produit » assure Jean-Yves Burgy. Beaucoup de professionnels sont d'ailleurs étonnés des résultats: «pour la première fois, nous avons échangé nos points de vue avec les constructeurs automobiles, se réjouit Michel Allain, chef de projet recherche et environnement pour Delphi Europe. Ce dialogue européen prend la forme de conférences semestrielles au sein de l'association européenne des équipementiers automobiles. Ce modèle d'échanges est maintenant repris aux USA et en Asie ».


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