La planète se dote de nouveaux objectifs du développement durable

Le 25 septembre 2015 par Stéphanie Senet
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17 objectifs du développement durable pour relancer les actions des Etats
17 objectifs du développement durable pour relancer les actions des Etats

Historique, l’adoption ce 25 septembre à New York des 17 objectifs du développement durable (ODD) pour 2030 restera lettre morte si les Etats ne s’engagent pas sur des priorités nationales et des financements précis.

Réunis du 25 au 27 septembre dans le cadre du sommet des Nations unies sur le développement durable, les Etats membres de l’ONU adoptent pour la première fois des objectifs dont la visée est à la fois sociale (zéro pauvreté, faim zéro, égalité entre les sexes), économique (croissance économique soutenue, partagée et durable, industrialisation durable) et environnementale (consommation et production durables, mesures d’urgence pour lutter contre le changement climatique et ses répercussions, conservation et exploitation durable des océans). Ce qui n’était pas le cas des objectifs millénaires pour le développement (OMD) définis en 2000, qui visaient essentiellement à éradiquer la pauvreté, assurer l’éducation primaire pour tous et réduire la mortalité infantile.

 

Un nouvel élan après de nombreux échecs

La différence entre les deux agendas ne s’arrête pas là. «Alors que les OMD ont été fixés par des instances onusiennes pour relégitimer l’aide au développement et insuffler de l’optimisme aux bailleurs, les ODD servent à relancer la poursuite d’un développement durable, après l’échec de tous les engagements pris depuis la conférence de Rio», décrypte Tancrède Voituriez, directeur du programme Gouvernance de l’Iddri[1].

Deuxième évolution: les pays concernés. Alors que les OMD visaient les pays en développement grâce à une aide provenant des pays industrialisés (selon le vieux schéma de l’aide au développement), les ODD visent aussi bien les pays industrialisés que les pays émergents ou en développement, tous étrangers au développement durable. «Il s’agit d’un agenda universel, intégré, avec des objectifs indivisibles, ce qui témoigne d’un signal politique très fort», analyse Pierre Cannet, responsable du programme Climat Energie au WWF. L’ONG fait d’ailleurs partie des 5.000 organisations de la société civile qui ont été consultées pendant les négociations, alors que les OMD n’avaient fait l’objet d’aucune concertation.

 

Besoin de traductions nationales

Un point commun toutefois entre ces deux séries d’objectifs: ils ne sont pas contraignants juridiquement, ce qui représente bien sûr leur principale faiblesse. «Ce qui manque, à ce stade des discussions, c’est l’implication à l’échelon national, le seul à pouvoir prendre le relais sur le plan réglementaire. Il est donc nécessaire que chaque Etat s’approprie des objectifs et les traduise dans tous les secteurs, sur le modèle des INDC pour lutter contre le réchauffement», analyse Tancrède Voituriez.

«Les pays doivent profiter du sommet sur le développement durable pour offrir des garanties sur la mise en œuvre effective de tous ces objectifs dès le 1er janvier 2016», confirme Pierre Cannet. En France, cette traduction pourrait s’opérer lors de la Conférence environnementale qui suivra la COP 21, avec une consultation du Conseil national de la transition énergétique, selon le WWF. Pour l’Iddri, la mobilisation pourrait aussi intégrer le Parlement, lors du débat qui doit se dérouler début octobre autour des nouveaux indicateurs de richesse, au début de la discussion budgétaire. Enfin, l’Union européenne devra également traduire ces ODD à son échelle même si, comme la France, elle est restée silencieuse sur le sujet jusqu’à présent.

Le bilan mitigé des OMD
Non contraignants, les objectifs du Millénaire pour le développement ont tout de même enregistré quelques avancées. La pauvreté mondiale a ainsi été réduite de moitié dès 2010 et la mortalité infantile (de 0 à 5 ans) a presque été divisée par deux en 20 ans selon les Nations unies. Deux progrès que la définition des OMD ne peut expliquer à elle seule.

 

Un financement à boucler

Autre problème: le financement. Totalement absent du texte onusien, il devrait représenter entre 1.000 et 3.000 milliards de dollars par an selon l’Iddri. Un véritable changement d’échelle alors que l’aide au développement totalise aujourd’hui 130 Md$ (116 Md€}. Les pays ne pourront donc faire l’impasse sur les fonds provenant des entreprises et des banques du développement. Dans l’Hexagone, «le rapprochement entre l’Agence française de développement (AFD) et la Caisse des dépôts pourrait déboucher sur une super banque de développement permettant des prêts conséquents», estime Tancrède Voituriez. Reste à savoir quels engagements elle décidera de soutenir. En l’état actuel, les 17 objectifs du développement durable ne permettent pas de le dire avec précision.



[1] Institut du développement durable et des relations internationales

 



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