La planète à sec, vraiment?

Le 17 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Comment les satellites voient les nappes phréatiques.
Comment les satellites voient les nappes phréatiques.
Université de Californie

Une étude américaine affirme, satellites à l'appui, que le tiers des grands aquifères mondiaux se vident inexorablement. Affirmation à laquelle ne se rangent pas tous les experts.

Les satellites ont depuis longtemps été promus au rang de vigies de l’environnement. Depuis leur orbite, ils mesurent tout: de la hauteur des vagues à la concentration des polluants atmosphériques en passant par l’avancée de la déforestation.

Des chercheurs de l’université de Californie (Irvine) se sont essayés à l’évaluation des ressources d’eau souterraine. Et leurs résultats, publiés mardi 16 juin dans Water Resources Research sont inquiétants. Selon l’équipe de Jay Famiglietti, un tiers des grands bassins aquifères de la planète seraient ainsi surexploités.

paire de satellites

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont utilisé les données fournies par la paire de satellites germano-américains de la mission Grace. Lancés en 2002, ils ont sans relâche mesuré la gravité terrestre, permettant ainsi d’évaluer avec une grande précision la répartition des masses au sein de la planète.

Or, quand le niveau d’une (grande) nappe phréatique évolue, cela modifie la répartition des masses au plan régional. Précisément ce qu’ont évalué les scientifiques californiens.

Sur les 37 aquifères surveillés entre 2003 et 2013, 8 sont considérés comme surexploités et ne bénéficient pratiquement d’aucune recharge naturelle et 5 autres voient leur niveau dangereusement baisser. La situation la plus périlleuse étant celle du système aquifère situé sous la péninsule d’Arabie. Rien de bien surprenant.

le bassin parisien se vide

D’autres résultats font, en revanche, tiquer les hydrogéologues. Ainsi, l’aquifère du Congo, l’une des régions les plus arrosées de la planète, semble en situation de surexploitation, alors que la pluviométrie n’a pas fondamentalement évolué durant la période de l’étude. A contrario, le bassin voisin du Kalahari (un désert d’une grande sécheresse) voit son niveau remonter fortement, alors que là non plus le régime des pluies n’a pas évolué.

Plus proches de nous, les 5 aquifères du bassin parisien tirent la langue. «C’est du grand n’importe quoi, tonne Serge Lallier. Nous publions le niveau des nappes françaises chaque mois, et il n’y a aucune tendance à la baisse comparable aux résultats donnés par l’étude américaine.» Pour le directeur adjoint Eau, environnement et écotechnologies du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), les mesures des deux satellites ont été mal interprétées par les auteurs de l’article. «Ces données sont trop globalisantes, explique-t-il, elles peuvent être biaisées par de nombreux facteurs locaux, comme des montagnes ou des dépressions.» Le piézomètre a encore un bel avenir devant lui.



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