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La Picardie mise sur le bois-énergie

Le 29 juin 2009 par Sonia Pignet
plaquettes
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Pour déployer des réseaux de chaleur alimentés par des chaufferies à bois, garantir leur approvisionnement à des coûts stables et créer de l’emploi non délocalisable, la Picardie a mis en place une société coopérative d’intérêt collectif autour du bois énergie. Une solution pour exploiter à la mode équitable les 300.000 hectares de forêt que compte la région.

Dans cette région couverte à presque 20% de forêt, le chauffage collectif au bois a été initié en 2003 dans la petite ville de Montdidier (6.800 habitants, Somme). Motifs de départ: des préoccupations environnementales, le prix du gaz et l’envie de faire marcher une économie locale. Une chaufferie (2.000 tonnes de bois annuellement) couplée à un réseau de deux kilomètres alimente donc en chaleur l’hôpital, le gymnase et les trois établissements scolaires de la commune, chaleur utilisée aussi pour chauffer l’eau. Pionnière en la matière, la maire de Montdidier, Catherine Quignon-le Tyrant, s’est heurtée à de nombreuses difficultés pour faire émerger le projet. «Le problème encore aujourd’hui, c’est l’approvisionnement. Il y a un besoin de bois, localement, avec une garantie de prix», a-t-elle expliqué le 16 juin dernier.

Ce jour-là, le conseil de Picardie lançait officiellement la SCIC Picardie énergie-bois, une société coopérative d’intérêt collectif constituée de collectivités et d’une cinquantaine d’actionnaires privés regroupés par métier. Propriétaires et exploitants forestiers, agriculteurs, scieurs et menuisiers, professionnels du recyclage et du déchet, etc., soutenus par la région et les conseils généraux de l’Aisne, l’Oise et la Somme (20% du capital), s’organisent pour gérer la production de bois à destination des chaufferies. «Tous les acteurs de ce partenariat public/privé ont une ambition commune: sécuriser les propriétaires de réseaux de chaleur», résume Pascal Dacheux, vice-président du conseil régional, qui souligne qu’un projet de cette ampleur est une première nationale. D’après lui, jusqu’à deux millions de tonnes de bois pourraient être mobilisées chaque année en Picardie, pour des usages autres que le chauffage individuel ou la construction.

Grâce à cette nouvelle société, les professionnels du bois-énergie pourront fournir du bois à un prix compétitif sur le long terme (avec des contrats de 20 à 25 ans) tout en bénéficiant d’une «juste rémunération». Avec en bonus, la création d’emplois locaux et l’entretien des forêts. La coopérative achètera du bois de forêt et du bois en fin de vie aux producteurs, et le revendra ensuite sous forme de mélanges, adaptés aux besoins de chaque chaufferie. Ce système permet d’inclure le bois recyclé, sans faire de concurrence au bois neuf, et de fixer un prix stable sur plusieurs années. Le petit bois de forêt (qu’il faut de toute façon évacuer pour entretenir les forêts) trouvera ainsi un débouché, alors que les activités de papèterie et trituration sont en chute libre. La SCIC récupèrera également les cendres issues de la combustion afin de les recycler pour un usage agricole, ce qui n’est pas encore le cas à Montdidier, où poussières fines de combustion et cendres partent en décharge faute d’analyses et à cause d’une administration assez lourde.

«Le pari est d’être 5% moins cher que le pétrole, et bien sûr, de fonctionner, à terme, sans subventions», a indiqué Claude Rosier, exploitant forestier et candidat à la présidence de Picardie énergie-bois. Question clients, la SCIC devrait avoir l’embarras du choix. Le fonds Chaleur renouvelable de l’Ademe, lancé en décembre dernier, encourage les collectivités à se lancer dans ce type de projets. Dans la région, une vingtaine de réseaux chaleur alimentés au bois sont d’ores et déjà prévus, dont 5 sont réalisés.

Si les exploitants de chaufferie gardent le choix de s’adresser ou non à la SCIC, les initiateurs du projet se montrent confiants, espérant que la garantie d’un prix sur le long terme sera préférée au marché spot. Mais du côté des exploitants, tous ne partagent pas cet optimisme. Franck Mainard, chargé de développement bois-énergie chez Dalkia, exploitant de la chaufferie de Montdidier qui n’utilise actuellement que de la plaquette forestière, reconnait à cette initiative l’avantage de la force de la proposition commune, mais pose le problème de la responsabilité, du fait de bois de divers origines. Une question à laquelle devra répondre la SCIC avant le début effectif de son activité, en 2010 maximum, pour alimenter son premier client, la chaufferie de Beauvais (Oise), qui devrait démarrer début 2011.

6 réactions

DERAY Jean-François | 06/07/2009 - 14H13

bois et co2 les éoliennes sont une solution 0g, à condition de pouvoir se passer d'électricité 4 jours par semaine ! dans la réalité, le thermique compense les pannes de vent et dégage du co2 dans un pays qui n'a pas besoin de plus d'électricité, et qui produit avec le nucléaire* sans émission de CO2. * je sais, le nucléaire a ses inconvénients, je ne fais pas de la retappe pour le nucléaire, je dis que c'est comme ça en France, et que si l'urgence c'est le CO2, il faut stopper les implantations d'éoliennes.

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Duchemin Arthur | 05/07/2009 - 23H21

ce qui brûle libère du CO2... Le bois énergie n'a pas de sens dans une démarche de 0g CO2 dégagé, encore et toujours, nous sommes tous dans le titanic et on regarde l'iceberg en prenant des solutions qui ne fonctionnent pas globalement. En Picardie il y a du vent largement sous exploité! sans parler du gaspillage énergétique général. Visez les vraies solutions réellement écologique et long-terme avec un impact réel.

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Miquel Marc | 01/07/2009 - 09H38

bois : la source l'information précise qu'il s'agit de valoriser les déchets de bois issus des filières de recyclage. Dans ce cadre la production d'énergie surtout lorsqu'il y a cogénération présente un intérêt certain sur un plan environnemental. Le bois de première éclaircie trouve aussi là une utilité évidente permettant de surcroit à la forêt de continuer de pousser et de continuer à fixer le CO2 atmosphérique. Le but de changer de source d'énergie se justifie si la recherche de réduction des pertes thermiques l'accompagne. Enfin les thermies récupérées dans un projet de cogénération sont un sous produit de la production d'électricité. Il faut savoir que le rendement de production d'énergie électrique de quelque centrale électrique thermique ou nucléaire que ce soit ne dépasse jamais 50%. Le reste ce sont des calories dissipées dans l'atmosphère et les cours d'eau.

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Jacques Lanciaux | 30/06/2009 - 02H21

Echelle de temps Il ne faut pas oublier que le mieux est l’ennemie du bien. Si le bois libère dans les chaudières le CO2 qu’il a stocké durant 50 ans, il évite de libérer le CO2 qui est stocké depuis des millions d’années (chauffage aux énergies fossiles) et qui est responsable de l’effet cumulatif dans l’atmosphère. C’est aussi mieux que le chauffage électrique qui nécessite de remettre en fonction les centrales thermique au fioul, charbon et gaz durant le période de chauffage en rejetant 3 fois plus de CO2 que le même carburant brulé dans les chaudières individuelles ou collectives. De plus, dans quelques années, le miscanthus cultivé sans irrigation sur des terres non utilisables pour les cultures alimentaires, avec un pouvoir calorifique de 1,4 fois celui du bois permettra de ramener le cycle de stockage déstockage à un an tout en évitant le risque de la déforestation. Pour préserver notre planète il n’y a pas une solution mais la mise en œuvre de toutes les solutions, au prorata de la l'utilisation raisonnée des ressources directes (solaire, photovoltaïque) et indirectes (hydraulique, éolienne, biomasse, courant marin) de l’énergie que nous fournit le soleil chaque année.

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THIELLEY Parick | 30/06/2009 - 01H11

Bois sans soif d'avenir... Les municipalités n'ont vraiment rien compris et sous prétexte d'être novateur voir pionnières, elles continuent à faire n'importe quoi sur le dos des contribuables qui n'ont pas le choix puisque ce genre de décisions sont prises sans leurs consentement. C'est à se demander ou vont le pot de vins... En effet, malgré l'engouement des campagnes de l'Adem, qui elle aussi marche sur la tête, il serait bon que les citoyens comprennent que tout ce qui brûle pollue ! Vous avez beau essayer de nous faire croire que le pourrissement d'un arbre produit ou que sa propre croissance produit autant de méthane ou de CO2 que lorsqu'il est brûlé. Vous omettez volontairement de dire que ses dégazages se produisent sur 50 ans dans le premier cas, alors qu'il s'effectuent en une semaine lors du brûlage ! Ce qui fausse toute la donne mais vous arrange bien pour développer la filière bois en France ! En effet, je le rappelle, tout ce qui brûle pollue. Et les chaufferie bois ne valent guère mieux que nos usines d'incinération facteurs de dioxines ! Or, si tout le monde s'engouffre bêtement dans cette filière, la vitesse du brûlage étant de 50 ans plus rapide que la pousse d'un arbre, le degré de pollution atteindrait vite des extrêmes ! Et qu'en disent les partis écologistes si ce n'est comme d'habitudes, vaquer à leurs train - train quotidien ! La filière bois au même titre que le stockage du CO 2, ou que l'utilisation des algues, c'est de l'esbroufe qui pèse sur notre avenir parce que nos politiques se refusent de prendre le taureau par les cornes ! Continuez donc à faire votre petite promo, tant qu'elle vous rapporte du fric. Bientôt, il sera trop tard !

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Francis DUPONT | 29/06/2009 - 17H47

Assurer la pérennité des installations Qui dit bois-énergie, plaquettes et réseau de chaleur sous-entend automatisme. Il conviendra donc d'être extrèmement vigilant quand à la préservation de ces outils contre les surtensions transitoires ayant pour origine la foudre, les manoeuvres, et quelquefois la distribution électrique. Que ce soit au niveau des coûts de maintenance ou au niveau des interruptions de fonctionnement suite à des pannes même isolées, la crédibilité du bois énergie ne supportera pas de tels aléas.

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