La peste porcine africaine fait son apparition en Ukraine

Le 21 août 2012 par Geneviève De Lacour
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La PPA est une maladie très contagieuse chez les suidés.
La PPA est une maladie très contagieuse chez les suidés.
FAO

Pour la première fois, la peste porcine africaine a été détectée en Ukraine. Quant à la Moldavie, le Kazakhstan et la Lettonie, qui possèdent de grandes populations de porcs élevés en basse-cour ou dans des fermes à gestion familiale, souvent avec de faibles protocoles de biosécurité, ils présentent des risques élevés d'introduction de la maladie.

«Les autorités nationales et locales dans toute la région devraient intensifier leurs mesures de prévention et être prêtes à réagir en cas d'apparition de nouveaux foyers», souligne Juan Lubroth, vétérinaire en chef de l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Cela pourrait être le premier de plusieurs foyers à venir, selon nos analyses de la maladie

La peste porcine africaine (PPA), qui n'est pas transmissible à l'homme, est une maladie virale très contagieuse qui touche les suidés (porcs d'élevage, sangliers, phacochères, etc.). Les taux de morbidité et de mortalité peuvent être très importants chez les porcs d'élevage. En 2011, jusqu'à 300.000 porcs sont morts ou ont été abattus en Russie, causant des pertes évaluées à 240 millions de dollars (192,5 millions d’euros). Avant d'être introduite dans le Caucase en 2007, elle restait confinée sur le continent africain et en Sardaigne. Aujourd'hui, elle est considérée comme endémique dans certaines parties de Russie et certains pays de la région du Caucase, dont la Géorgie et l'Arménie. Elle a été éradiquée de la péninsule ibérique au milieu des années 1990, après plusieurs décennies d’efforts des services vétérinaires et des producteurs de porcs.

«L'Ukraine a réagi rapidement, mettant en place des mesures sanitaires, abattant et incinérant la population porcine atteinte et imposant une zone de quarantaine autour du village où les foyers sont survenus», toujours selon le vétérinaire de la FAO.

Les études de la FAO sur la PPA en Russie indiquent que l'alimentation avec des eaux grasses est responsable de 97% de toutes les nouvelles infections chez les porcs d'élevage. La filière basse-cour, qui représente 34% de la population totale de porcs d'élevage, est généralement infectée en premier avant de transmettre le virus aux petites exploitations agricoles commerciales, puis aux fermes industrielles.

Pour lutter contre la propagation de la peste porcine qui peut être très rapide, la FAO recommande une interdiction stricte des déchets alimentaires contaminés. En effet, l'homme contribue souvent à la propagation par l'intermédiaire d'un simple sandwich jeté dans la nature. Les denrées alimentaires qui contiennent des produits porcins contaminés (comme la charcuterie) peuvent être consommées par des porcs élevés en liberté par de nombreuses familles vulnérables.

Le sanglier européen est également sensible à la maladie, ce qui en fait un vecteur de transmission important puisqu'il erre librement à travers les frontières nationales.

Et pour la FAO, il y a lieu de s’inquiéter puisque, selon ses données, les populations de sangliers en Europe se déplacent vers l'ouest à partir de la région du Caucase. De plus ces populations ne cessent d'augmenter et deviennent particulièrement denses dans des pays tels que la France, l'Italie et l'Espagne.

Le nombre de porcs d'élevage augmente aussi considérablement et ces derniers se déplacent vers l'ouest de la Russie, la Pologne, la Hongrie et l'Allemagne.

Selon le communiqué de la FAO publié aujourd’hui 21 août, la peste porcine africaine «sera d'autant plus difficile à combattre qu'elle trouve un hôte de choix dans les populations denses d'espèces sensibles à cette maladie aussi bien dans les fermes d'élevage que dans la nature sauvage».



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