La pêche minotière, nouvelle menace pour les océans

Le 14 février 2017 par Stéphanie Senet
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Un poisson sur cinq est transformé en farine ou en huile
Un poisson sur cinq est transformé en farine ou en huile

Dans un rapport publié ce 14 février, l’ONG Bloom dénonce les ravages de la pêche destinée à produire des farines et des huiles alimentant les élevages de poissons, de porcs, de volailles et de visons.

 

S’il ne fallait retenir qu’un chiffre, ce serait celui-ci: 90% des poissons réduits en farines et en huiles pourraient finir dans notre assiette. Ces ressources, provenant du bas de la chaîne alimentaire comme les sardines et les anchois, ont pourtant une autre destinée: servir de ‘fourrage’ aux animaux d’élevage, parfois herbivores!

«C’est un peu comme si l’éleveur arrachait l’herbe de son pré», résume Frédéric Le Manach, directeur scientifique de Bloom, lors d’une conférence de presse organisée ce 14 février à Paris. Pire, ces dérives accentuent la surpêche, perturbent les écosystèmes et menacent la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

 

20% des captures mondiales

Chaque année, environ 17 millions de tonnes de poissons sont transformés en farines et en huiles. «Cela représente 20% des captures mondiales mais ce chiffre pourrait augmenter dans les années à venir à cause de l’essor de leur utilisation dans les fermes aquacoles asiatiques, où l’on trouve que le poisson a meilleur goût», alerte Frédéric Le Manach, également co-auteur d’une étude publiée le 13 février dans la revue Fish & Fisheries.

En Europe, cette part est légèrement inférieure. Aujourd’hui, 12% des captures halieutiques sont transformées en farines et en huiles, essentiellement par des entreprises danoises.

 

Aquaculture en tête

La minoterie océanique approvisionne l’aquaculture à hauteur de 57%, le secteur porcin pour 22%, l’aviculture pour 14%, le restant étant utilisé pour l’alimentation des animaux domestiques et des animaux à fourrure, dont les visons.

«Si le phénomène est mondial, des solutions peuvent toutefois être trouvées au niveau européen. A commencer par la réduction de protéines animales de notre alimentation, en particulier en poissons carnivores d’élevage comme le saumon, le bar et le cabillaud, mais aussi en porcs et en volailles», explique Claire Nouvian, présidente fondatrice de Bloom.

Autres pistes: réserver les poissons sauvages comestibles à l’alimentation humaine, interdire les farines de poisson dans l’alimentation animale et encourager d’autres solutions comme la culture d’insectes ou la valorisation d’invendus alimentaires.

 

Contraire à une pêche durable

Enfin, l’ONG s’attaque aux labels de pêche durable, comme le MSC (Marine Stewardship Council) et l’ASC (Aquaculture Stewardship Council) dont elle juge les cahiers des charges beaucoup trop laxistes. «Seules les pêches à l’explosif et au poison sont exclues. Il faut aussi sortir la pêche minotière de la certification pêche durable», alerte Claire Nouvian.

 

En dehors des radars

Un sujet pour les candidats à la présidentielle? Pour l’heure, seul Benoît Hamon s’est aventuré en mer. Il s’est en effet prononcé, le 13 février, pour la prise en compte de la petite pêche artisanale dans l’attribution des droits et quotas de pêche lors de la présentation de son «plan pour une alimentation de qualité».

 



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