La pêche industrielle couvre plus de 55% des océans

Le 22 février 2018 par Stéphanie Senet
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La pêche couvre 200 millions de kilomètres carrés, soit 4 fois plus que l'agriculture
La pêche couvre 200 millions de kilomètres carrés, soit 4 fois plus que l'agriculture

Publiée ce 22 février dans la revue Science, une étude montre que la pêche industrielle exploite plus de 55% de la surface des océans. Soit 4 fois plus que les surfaces cultivées dans le monde.

 

L’empreinte réelle de la pêche industrielle se précise. Des chercheurs ont étudié les activités opérées entre 2012 et 2016 par plus de 70.000 navires dans le monde, dont plus des trois quarts affichent une longueur supérieure à 36 mètres. Des travaux qui permettent de multiplier par deux à trois la résolution spatiale et temporelle des données jusqu’ici collectées, grâce à la combinaison des informations satellitaires et des milliards de messages issus du système d’identification automatique des navires (AIS).

 

Haute-mer

Première conclusion: si la plupart des pays semblent pêcher surtout dans leurs zones économiques exclusives (ZEE), certains pays sont très présents en haute-mer. La Chine, l’Espagne, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud représentent ainsi 85% de la pêche hors des eaux territoriales. Une information qui intéressera les participants aux négociations sur le futur traité protégeant la biodiversité en haute-mer, qui ont été officiellement lancées le 24 décembre par l’Assemblée générale des Nations unies.

 

Plus de la moitié de la surface océanique

Autre résultat: plus de 55% de la surface des océans sont exploités par des navires de pêche, selon les chercheurs du Global Fishing Watch, de la National Geographic Society, SkyTruth, Google et des universités de Santa Barbara, Dalhousie et Stanford. Un chiffre sans doute au-dessous de la réalité puisqu’il ne prend pas en compte les activités de pêche des régions mal couvertes au niveau satellitaire ni des navires non équipés par le système AIS[1].

C’est en tout cas 4 fois plus que les surfaces agricoles[2] alors que les captures de pêche n’apportent que 1,2% de la production mondiale de calories destinées à la consommation humaine.

 

Atlantique et Pacifique

Les océans ne sont pas tous soumis au même effort de pêche. Les zones où les navires opèrent le plus sont l’Atlantique du Nord-Est (Europe), le Pacifique du Nord-Ouest (Chine, Japon et Russie) et les eaux au large de l’Amérique du Sud et de l’Afrique de l’Ouest.

A contrario, les zones les moins visitées (océan Austral, Pacifique du Nord-Est et centre de l’Atlantique) pourraient faire l’objet de mesures de conservation de la biodiversité, selon les scientifiques.

 

Coupures culturelles

Dernière conclusion: les activités de pêche fléchissent davantage pour des raisons culturelles et politiques (comme la trêve de Noël, le Nouvel an chinois, ou les interdictions temporaires de pêche) que pour des raisons climatiques comme El Niño. Ce qui les différencie fortement des activités agricoles, dépendantes des cycles saisonniers.

«La publication des données et de notre analyse permet d’améliorer la transparence dans le secteur de la pêche commerciale et de renforcer les possibilités d’une gestion durable», conclut David Kroodsma, directeur des recherches du Global Fishing Watch et auteur principal de l’étude.



[1] En particulier les bateaux de moins de 36 mètres

[2] Plus de 200 millions de kilomètres carrés pour la pêche contre 50 millions de km2 pour l’agriculture

 



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