La pêche européenne sera-t-elle durable en 2011 ?

Le 12 novembre 2010 par Célia Fontaine
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 La Commission européenne a adopté, sur la base d’avis scientifiques, sa proposition de possibilités de pêche pour 2011. Pour ne pas mettre la ressource en péril et freiner la surpêche, elle a établi les niveaux des totaux admissibles des captures (TAC) et de l'effort de pêche dans l'océan Atlantique, la mer du Nord et les eaux internationales gérées par des organisations régionales de gestion des pêches.

La proposition reste néanmoins « cohérente avec l'objectif de parvenir au rendement maximal durable (RMD)[1] d'ici 2015 », indique le communiqué de la Commission du 11 novembre.

« Les nouvelles seront décevantes pour certains quotas, mais l'expérience a montré par le passé que ceux qui pensent pouvoir négocier avec la nature ne peuvent envisager un avenir pérenne dans la pêche», a annoncé Maria Damanaki, membre de la Commission chargé des affaires maritimes et de la pêche.

Les experts du comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) ont une fois de plus souligné l’état préoccupant d’un grand nombre de ressources halieutiques des eaux de l'UE. « Les progrès visant à assurer la durabilité de l'ensemble des stocks halieutiques européens ont été lents, car les flottes n'ont pas été en mesure de s'adapter assez rapidement à l'avis scientifique », explique la Commission.

Si certains progrès sont à souligner en ce qui concerne certains stocks importants tels que le merlu et la sole, les stocks de cabillaud dans le Kattegat, la mer d'Irlande et les eaux à l'ouest de l'Écosse ne montrent en revanche aucun signe d'amélioration. La Commission propose donc des réductions de 50 % de ces TAC et a demandé aux États membres de collaborer en vue d'un réexamen en profondeur de la gestion du cabillaud.

La situation des anguilles n’est pas meilleure. Leur nombre a diminué de 90% en 20 ans et la Chine est de plus en plus en demande de civelles, ces jeunes anguilles translucides[2]. Lors d’une réunion entre Etats membres qui s’est tenue la semaine dernière à Bruxelles, la France – qui est la plus grande exportatrice de civelles et anguilles - aurait refusé le bannissement total des exportations. Les pêcheurs français avaient menacé de se mettre en grève si un tel bannissement était décidé … Résultat, aucun quota n’a été fixé pour cette espèce en danger.

La Commission recommande que pour 2011 les quotas soient augmentés pour 6 stocks, réduits pour 64 stocks et maintenus au même niveau pour 23 stocks. En tout, on obtiendrait une réduction de quotas de 89 400 tonnes, soit 10 %. Mais ces statistiques n'incluent pas les stocks pour lesquels des possibilités de pêche doivent être convenues avec des pays tiers, tels que la Norvège, ou au sein d'une organisation régionale des pêches. Il faudra pour cela attendre la réunion du Conseil réunissant les ministres de la pêche des États membres qui se tiendra les 13 et 14 décembre.

 

 



[1] Afin d'atteindre les objectifs de durabilité à long terme, le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) a rendu un avis sur la stratégie de la Commission visant à assurer une exploitation compatible avec le rendement maximal durable (RMD) d'ici 2015.

[2] Les prix peuvent atteindre plus de 1000 euros le Kg



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