La pêche européenne rongée par la gangrène, selon Greenpeace

Le 06 octobre 2011 par Célia Fontaine
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Nos océans sont-ils victimes d’un crime organisé? C’est ce qu’affirme Greenpeace dans son nouveau dossier d’investigation paru le 5 octobre. Selon l’organisation écologiste, des dysfonctionnements rongent la Politique commune des pêches (PCP). L’Espagne, en finançant des activités de pêche illicites, y serait pour beaucoup.
 
Cela fait quelques années que les associations et les spécialistes alertent sur la raréfaction du poisson, surconsommé et donc surpêché (voir le JDLE). Dans le monde, jusqu’à 49% des captures de poisson sont illégales[1], non réglementées ou non déclarées, et en Europe, la réglementation ne permet pas encore de réguler la situation. Selon l’Union européenne, moins de 10% seulement de nos stocks de poisson conserveraient un niveau durable d’ici 2022.
 
«L’Espagne est la principale bénéficiaire des aides communautaires mais, en réalité, seule une petite minorité de bateaux espagnols se taille la part du lion», peut-on lire dans le dossier. Au cœur d’un scandale, la famille Vidal, originaire de Galice. A plusieurs reprises ces dernières années, des navires appartenant à cette grande famille ont été pris en flagrant délit de pêche illégale. En 2006 par exemple, les autorités américaines  ont infligé une amende de 400.000 dollars (298.000 euros) et une peine de mise à l’épreuve de 4 ans à Manuel Antonio Vidal Pego, actionnaire du clan, pour avoir tenté d’importer illégalement de la légine australe.
 
Entre 2002 et 2009, «les différentes entreprises qui gravitent dans la nébuleuse Vidal ont reçu plus de 16 millions d’euros de subventions européennes… pour financer leurs activités illégales», souligne François Chartier, chargé de campagne Océans pour Greenpeace France.
 
Les agissements de ce réseau sont pourtant connus, puisque de nombreuses condamnations pour pêche illégale sont déjà tombées aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans le Pacifique. Et si le gouvernement espagnol s’est engagé, à plusieurs reprises, à enquêter sur ces infractions et à y mettre un terme, Madrid continue de verser des subventions à la famille Vidal avec l’argent public européen, regrette l’ONG qui a demandé l’ouverture d’une enquête européenne exhaustive sur les subventions accordées au secteur espagnol de la pêche industrielle.
 
Mais l’Espagne n’est pas la seule à être épinglée. «La France est elle aussi parmi les plus grands pays pêcheurs d’Europe, et a reçu de nombreux fonds publics pour développer sa flotte de pêche, bien trop grande et bien trop puissante par rapport à ce que les océans peuvent fournir.» De manière générale, il y a trop de navires, et trop performants pour des océans de plus en plus fragilisés.
En juillet dernier, Bruxelles a présenté le premier pan de sa réforme de la PCP, mais ni les pêcheurs, ni les associations en sont totalement satisfaits (voir le JDLE).


[1] Agnew DJ, Pearce J, Pramod G, Peatman T, Watson R, et al. 2009. Estimating the Worldwide Extent of Illegal Fishing


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