La patate GM suédoise prend la clé des champs

Le 08 septembre 2010 par Célia Fontaine
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Des pommes de terre OGM non autorisées qui contaminent d’autres pommes de terre OGM, dans un champ au nord de la Suède. C’est ce que dévoile Greenpeace dans un communiqué du 6 septembre.

Plant Science Sweden, filiale du groupe Basf, leader de l’industrie chimique et propriétaire des semences, aurait commis une erreur en mélangeant deux espèces : l’une, l’Amflora [1], a été autorisée par la Commission européenne (dans le JDLE). La production, non destinée à l’alimentation, devait servir à la revente de semences. L’autre, Amadea, est en attente d’homologation (dans le JDLE). On ne connaît pas ses impacts potentiels sur l’environnement et la santé humaine de cet OGM que Basf espère mettre sur le marché d’ici à 2013-2014. Même si seulement 47 plants de patates Amadea ont été découverts, grâce à la couleur de leurs fleurs, dans le champ de 680.000 plants Amflora, l’association Greenpeace est inquiète. Le choix des autorités suédoises de maintenir la culture des plants Amflora (mais de se débarrasser des plants Amadea) n’est pas judicieux, en raison du risque de contamination qui peut subsister. «  Cet incident semble être le résultat d’une déplorable et inquiétante faille dans le dispositif de bio sécurité », estime le communiqué.

La Commission européenne attend des explications du groupe. A la suite de cet incident suédois, les autorités régionales du Mecklenburg-Vorpommern, dans le nord de l’Allemagne, ont décidé d’interdire le 8 septembre l’Amflora sur leur territoire. La Suède et la République tchèque ne semblent pas pour l’instant suivre le même chemin.

L’incident soulève l’éternelle question de la séparation des cultures GM et non GM. Selon les recherches menées par l'Inra [2], il est très difficile d'éviter la contamination pollinique. « Pour les filières telles que l'agriculture biologique qui revendiquent une absence totale d'OGM dans leurs productions, la coexistence à l"échelle locale est en revanche techniquement impossible dans la plupart des cas ». Par exemple pour le maïs, les distances d'isolement recommandées varient entre 50 et 300 mètres entre les parcelles avec ou sans OGM.

En France, la loi du 25 juin 2008 sur les OGM prévoit le principe selon lequel « la mise en culture, la récolte, le stockage et le transport des végétaux (génétiquement modifiés) sont soumis au respect de conditions techniques notamment relatives aux distances entre cultures ou à leur isolement, visant à éviter la présence accidentelle d'organismes génétiquement modifiés dans d'autres productions ». Mais elle renvoie à un arrêté du ministre de l'Agriculture, pris après avis du Haut conseil des biotechnologies (HCB) et du ministre de l'Environnement, qui définira ces conditions techniques, et les révisera régulièrement « sur la base de travaux scientifiques et des données de la surveillance biologique du territoire ».



[1] Amflora est cultivée dans trois pays européens : Suède, Allemagne et République tchèque.

[2] Coexistence entre cultures OGM et non OGM en Europe, Unité Impacts écologiques des innovations en production végétale (Eco-Innov) de l'INRA, 2006



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