La p-synéphrine, un amincissant à risque

Le 07 mai 2014 par Romain Loury
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La p-synéphrine, présente dans l'écorce d'agrumes
La p-synéphrine, présente dans l'écorce d'agrumes
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L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) met en garde contre les compléments amincissants à base de p-synéphrine, suite à plusieurs effets indésirables notamment de type cardiovasculaire, dans un avis publié lundi 5 mai.

Ce proto-alcaloïde est présent à l’état naturel dans l’écorce d’orange amère (Citrus aurantium spp. aurantium) ainsi que dans celle d’autres agrumes du genre Citrus. Depuis 2009, l’Anses dit avoir reçu 40 signalements d’effets indésirables liés à des compléments alimentaires en contenant, dont 18 «bien documentés».

Sur les 13 d’entre eux dont l’imputabilité est jugée «très vraisemblable», «vraisemblable» ou «possible» figurent des effets cardiovasculaires, dont des infarctus du myocarde, des atteintes hépatiques, une hyperphosphorémie et une atteinte neurologique –à savoir un syndrome anxieux aigu.

Selon l’Anses, les compléments alimentaires incriminés apporteraient 1 à 72 milligrammes par jour de p-synéphrine. Or ces produits ne devraient pas dépasser la dose de 20 mg/jour, consommation retrouvée chez les gros consommateurs d’agrumes, estime l’agence. Les compléments se situant au-dessus de cette «valeur-repère» «n’ont donc pas vocation à être disponibles pour le consommateur», juge-t-elle.

Une interaction avec la caféine

Autre grief, l’ensemble de ces compléments alimentaires contiennent de la caféine, qui présenterait «des effets cumulés, voire synergiques» avec la p-synéphrine. Selon l’agence, ces deux molécules ne doivent plus être associées dans un même produit.

L’Anses «déconseille fortement la consommation de p-synéphrine par les populations à risque accru d’effets indésirables (personnes sous traitement en particulier pour hypertension, cardiopathie ou dépression), par les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les adolescents», ainsi que lors d’une activité physique «en raison d’effets éventuels sur le profil tensionnel».

Voilà qui n’est pas sans rappeler des recommandations faites par l’agence quant aux boissons énergisantes, là aussi des produits qu’elle surveille dans le cadre de sa mission de nutrivigilance (voir le JDSA). Fin 2013, l’agence a également appelé à la prudence avec les compléments à base de levure de riz rouge, présentés comme efficaces contre le cholestérol, mais liés à plusieurs effets de type musculaire et hépatique (voir le JDSA).



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