La Nouvelle-Zélande revoit sa politique énergétique

Le 18 août 2006 par Agnès Ginestet
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NewZealand
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Le pays aux deux îles, 39 millions de moutons et 4 millions d’habitants, ne contribue qu’à hauteur de 0,2% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Mais la mise en marche d'une centrale électrique fonctionnant au charbon dans l'île du Nord relance le débat national sur le respect du protocole de Kyoto et le recours aux énergies renouvelables.

20 juillet 2006: la plainte de Greenpeace visant à empêcher l'implantation de la centrale au charbon de Marsden est rejetée. La société Mighty river power pourra donc exploiter l'installation, au grand dam des partisans du renforcement de la politique de soutien aux énergies renouvelables.

En Nouvelle-Zélande, la première stratégie nationale d'efficacité et de conservation énergétique (NEECS) de 2001 fixait comme objectif à atteindre avant 2012 d'augmenter l'offre en énergies renouvelables de 22%, soit 8.300 gigawattheures (GWh). Selon le ministre du développement économique Hon Trevor Mallard, le pays devrait accomplir sa mission puisqu'il produit chaque année environ 1.100 GWh supplémentaires à partir d'énergies renouvelables. Mais Jeanette Fitzsimons, leader du parti des Verts et porte-parole du gouvernement sur l'efficacité énergétique, a tempéré l'optimisme de son confrère. Selon elle, «la demande croissante en énergie signifie que le pourcentage global en énergie renouvelable diminue.»

Les estimations d'un rapport intergouvernemental publié en décembre 2005 (1) montrent plutôt que la part des énergies renouvelables devrait rester constante jusqu'en 2020. Pour l'instant, la production électrique néo-zélandaise provient à 58% de l'hydroélectricité. Le sous-sol du pays regorgeant de réservoirs de chaleur, la géothermie représente 7% de la production électrique. D'autres sources comme la biomasse et l'éolien sont également exploitées. Cependant, l'utilisation du charbon, gros émetteur de GES, est en progression et représente 8% de la production électrique nationale, derrière le gaz (24%).

Faisant référence aux aléas du climat pouvant limiter l'utilisation des énergies renouvelables, la Premier ministre Helen Clark a déclaré le 21 mars 2006: «J'aimerais beaucoup nous voir réduire notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, mais honnêtement, s'il faut faire un choix entre laisser les Néo-zélandais sans électricité et leur en fournir grâce à une centrale à charbon, je sais quelle solution je dois adopter.» Surtout que la production d'électricité ne représentait, en 2004, que 8% des émissions, loin derrière l'agriculture (49% des émissions, essentiellement du méthane et du protoxyde d'azote), et les transports (19% des rejets de GES), en forte progression ces 10 dernières années.

Etant donné le peu de succès des précédents programmes, la politique nationale sur le changement climatique est en train d'être révisée. La nouvelle NEECS, qui devrait être achevée en mars 2007, modifiera aussi les objectifs globaux qui ne cadrent plus avec la situation énergétique du pays: une demande en électricité croissante (+2% par an) et une grande partie des ressources hydriques déjà exploitées. En revanche, les réserves de charbon qui jalonnent le pays sont encore utilisables pour produire de l'électricité.

Le ministère chargé de l'environnement souhaite désormais davantage influencer les investissements dans les différents types de sources d'énergie. Des objectifs plus précis, notamment par secteur économique, seront inclus dans les différents programmes et stratégies en cours d'élaboration (2). Le gouvernement étudie aussi la possibilité d'instaurer un système d'échange d'émissions entre les entreprises. L'idée d'une taxe carbone initialement prévue pour 2008-2012 a été abandonnée mais un programme de projets pour réduire les émissions (PRE) est en cours d'exécution. Par ailleurs, le gouvernement soutient les initiatives qui réduiront les rejets de GES en leur accordant des crédits carbone. Par exemple, il a offert 1,2 million d'émissions échangeables à l'échelle internationale pour un projet de centrale électrique géothermique à Kawerau, dans le cadre des mécanismes de mise en oeuvre conjointe (MOC). Le nom de la société bénéficiaire: Mighty river power…

Malgré tout, la Nouvelle-Zélande aura beaucoup de mal à revenir aux niveaux d'émissions de GES de 1990 durant la période 2008-2012, objectif fixé par le protocole de Kyoto ratifié le 19 décembre 2002. Ainsi en 2004, le pays a émis 74,6 millions de tonnes équivalents CO2 (Mt eq.CO2) de GES, soit 21% de plus qu'en 1990.



(1) Review of New Zealand's Climate Change Policies

(2) Strategic framework for climate change policy, New Zealand Energy Strategy et National energy efficiency and conservation strategy





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