La nouvelle PAC commence à échauffer les esprits

Le 03 février 2012 par Geneviève De Lacour
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Alors que les négociations sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC) vont bon train, des agriculteurs ont provoqué un important embouteillage ce matin du 3 février devant le ministère de l’écologie à Paris, en bloquant plusieurs voies de circulation pendant plus d'une heure. Répondant à un appel des syndicats agricoles FDSEA et Jeunes agriculteurs d'Ile-de-France, ils souhaitaient protester contre la politique environnementale du gouvernement.

Une cinquantaine d’agriculteurs sont arrivés devant le ministère boulevard Saint Germain vers 7 heures avec plusieurs camions-bennes, et ils ont déversé de la terre et des bottes de paille devant l'entrée principale.

«On court la même course (que les concurrents étrangers, notamment l'Allemagne) avec des boulets aux pieds», a déclaré Grégoire De Meau, président des Jeunes agriculteurs d'IDF. Le syndicat entend avec ce geste dénoncer la surenchère environnementale française.

Ils ont également posé des affiches à l'effigie de Nathalie Kosciusko-Morizet, chaussée au moyen d’un photomontage de lunettes rouges rappelant celles d’Eva Joly, candidate d'Europe-Ecologie-les Verts (EELV) à la présidentielle. Ces affiches portaient le slogan «Stop, touche pas à ma terre».

Au pied d'un arbre mort, une pancarte explique qu'il s'agit du résultat de la politique de la ministre de l’écologie. Quelques mètres plus loin, les agriculteurs ont déposé des sacs de blé, des bouteilles de lait, du pain et des légumes avec une pancarte «L'agriculture nous nourrit».

Trois jours avant, le président de la région Auvergne, René Souchon avait dévoilé à la commission Ressources naturelles du Comité des régions, ses propositions législatives sur la réforme de la PAC.

Favorable aux objectifs fixés par la Commission européenne, il critique néanmoins l’absence de référence dans le texte de la Commission aux défis à relever: disponibilité des terres cultivables, artificialisation des sols agricoles, gestion de l’eau ou réponse aux défis des changements climatiques.

René Souchon et son équipe considèrent que la proposition de la Commission en matière de verdissement va dans le sens d’une meilleure prise en compte des milieux naturels. Mais le socialiste aimerait que soient confiées aux autorités locales et régionales l’initiative et la gestion des mesures agro-environnementales ciblées, en leur laissant la possibilité de mettre en place des contrats de territoire cosignés avec les agriculteurs.

Il demande à la Commission de prévoir la mise en place d’un «plan Protéines» à l’échelle européenne. Des cultures oléo-protéagineuses qui permettraient d’assurer, selon lui, une meilleure autonomie en protéines des élevages. Il voudrait également réduire l’usage des engrais azotés de synthèse tout en améliorant la fertilité des sols.

Il souhaite que la Commission aille plus loin, notamment en matière de protection phytosanitaire, de bonne gestion des sols et de l’eau, «pour engager l’agriculture européenne vers des systèmes durables et à Haute valeur environnementale».

Socialiste mais pas écologiste, le président de la région Auvergne considère que l’affectation d’un seuil de 7% de terres agricoles, rendues non productives, en surface d’intérêt écologique, est élevée. Il souhaite que ce seuil soit laissé à la discrétion des acteurs locaux et régionaux en fonction des spécificités locales.
 

 



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