La nouvelle carte mondiale de la bio

Le 01 mars 2013 par Stéphanie Senet
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L'agriculture biologique s'est largement développée en Ouganda.
L'agriculture biologique s'est largement développée en Ouganda.

Un séminaire organisé le 28 février par l’Agence Bio a permis de dresser un état des lieux de l’agriculture biologique dans le monde, plus étendue en Océanie, plus riche de paysans en Afrique et en Asie, et plébiscitée en Amérique du Nord et en Europe.

En 2012, la Chine s’est mise à appliquer son nouveau standard sur la bio en mars. En août, le nouveau règlement de l’Union européenne sur la certification du vin est entré en vigueur (voir JDLE). Nouvelles réglementations, nouvelles pratiques, nouvelles vocations… L’agriculture biologique ne cesse de se développer à travers le monde.

«Les surfaces certifiées bio représentent désormais 37,5 millions d’hectares en 2011. Mais si l’on y ajoute les cultures d’herbes, de baies et les exploitations apicoles, son poids est encore plus important», estime Elisabeth Mercier, la directrice de l’Agence Bio.

La bio a incontestablement fleuri au cours des années 2000 puisqu’elle ne comptait que 10,6 Mha dans le monde en 1999. Aujourd'hui, sur la planisphère, c’est l’Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande surtout) qui détient les plus importantes surfaces cultivées en bio (33% des surfaces mondiales). Derrière elle, se trouvent l’Europe (26%), l’Amérique latine (18%), l’Asie (10%), l’Amérique du Nord (7%) et l’Afrique (3%).

En nombre de fermes, ce classement s’avère largement différent, en raison du nombre croissant de petits paysans engagés en faveur d’une agriculture durable dans les pays en développement. C’est donc l’Asie qui détient en 2011 le plus grand nombre de fermes bio (34% des fermes mondiales), juste devant l’Afrique (30%). «Dans la région éthiopienne du Tigray, durement frappée par plusieurs épisodes de sécheresse, un million d’hectares de terres ont été réhabilités en bio, dans le cadre d’un programme avec la FAO. Toute la communauté est désormais auto-suffisante sur le plan alimentaire», cite Nadia El-Hage Scialabba, en charge du programme sur la bio à l’Agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En Ouganda, la production croît si vite que 200.000 petits agriculteurs bio sont aussi exportateurs. Plus loin, en Asie du Sud, le Bhoutan a créé une première en voulant devenir un pays 100% bio dès 2020.

Derrière ces deux continents, l’Amérique latine représente quand même 18% des exploitations, l’Europe 16% seulement, et l’Amérique du Nord presque rien (1%).

Malgré cette progression générale, la bio rencontre plusieurs obstacles, comme la hausse de la demande qui s’avère plus rapide que celle de la production. Si les terres cultivées en bio se sont envolées en 12 ans (de 0,6 Mha en 1999 à 37,5 Mha en 2011), la consommation mondiale a carrément quadruplé. Elle représente un chiffre d’affaires de 65,3 Md$ (50 Md€) en 2011, contre seulement 15,2 Md$ en 1999 (11,7 Md€).

En conséquence, nous assistons à un décalage important entre les pays producteurs et les pays consommateurs, peu favorable à la planète. Les plus grands mangeurs de bio sont nord-américains (48,5% de la consommation, certes en valeur). Les Européens se montrent aussi friands (44%), loin devant les Asiatiques (4,6%). Ce qui implique un vaste mouvement d’exportations et d’importations à travers le monde, que n’avaient pas imaginé les agriculteurs pionniers de la bio dans les années 1960.



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