La Nouvelle-Aquitaine lance le premier ‘Giec biodiversité’ régional

Le 27 janvier 2017 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Deux années seront nécessaires pour constituer l'état  de la biodiversité en Aquitaine.
Deux années seront nécessaires pour constituer l'état de la biodiversité en Aquitaine.
DR

Comment rapprocher les alertes internationales sur l’effondrement de la biodiversité et ses conséquences ravageuses sur la vie quotidienne et économique d’une région? C’est l’objectif du nouvel outil scientifique dont se dote la plus grande région de France.

Et si les grand-messes internationales sur la biodiversité ou le climat rataient un de leurs objectifs, celui de mettre en mouvement les acteurs pour traduire en actes leurs doctes constats? C’est avec ce questionnement que la région Nouvelle-Aquitaine lance, ce 27 janvier, son propre ‘Giec[1] biodiversité’, soit une déclinaison régionale de l’IPBES[2].

La méthode: évaluer l’état de la biodiversité, ses relations avec la fourniture de services, et les conséquences de l'érosion du vivant et du fonctionnement des écosystèmes, aussi bien dans les domaines de la santé que de l'agriculture ou l’industrie. L’objectif: disposer de constats objectifs, clairs et sans parti-pris pour asseoir des politiques publiques résolument tournées vers la protection de la biodiversité. Le budget: 85.000 euros, pour une mission censée durer deux ans.

Discuter sur des bases communes

«Nous disposons de constats sur des échelles globales, comme la disparition de 60% des vertébrés dans le monde, illustre Nicolas Thierry, vice-président à la région, en charge des questions d’environnement et de biodiversité. Mais les décideurs, tant politiques que consulaires, les politiques ou le grand public, ne font pas le lien entre ces grands chiffres et ce qui se passe à l’échelle locale et les impacts sur les services écosystémiques.»

La région a une double légitimité institutionnelle pour s’emparer du sujet. La loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (loi Maptam) désigne les régions comme chef de file de la protection de la biodiversité, du climat, de la qualité de l’air et de l’énergie. Et la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité a introduit la possibilité pour les régions de mettre en place, en partenariat avec l’Agence française pour la biodiversité des agences régionales de la biodiversité. Celle de Nouvelle-Aquitaine a été actée dans son principe fin 2016, et absorbera l’Agence régionale pour la biodiversité en Aquitaine (Arba) et l’Observatoire régional de l’environnement Poitou-Charentes (ORE).

En tant qu’élu, il estime que le travail que rendra le ‘Giec biodiversité’, d’ici deux ans, constituera «un préalable» pour que certains de ses interlocuteurs ne perçoivent plus la prise en compte de l’environnement «comme une contrainte. On discutera désormais à partir d’un constat minimum commun.»

Travail bibliographique

La nouvelle région –qui s’est déjà essayée à l’exercice en matière climatique (voir encadré)- a du potentiel à revendre. Elle couvre 1/8e du territoire national, des confins de la Vendée aux sommets pyrénéens, en passant par ses 720 km de côtes atlantiques. Première région agricole de France, elle abrite le plus grand massif forestier d’Europe. A son chevet, une vingtaine de scientifiques régionaux, chapeautés par un conseil de 6 à 8 scientifiques de renommée nationale[3], seront coordonnés par Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS). Sans préjuger de travaux de recherche à venir, aucun travail de terrain ne sera lancé dans le cadre du ‘Giec biodiversité’, au profit d’une étude de la littérature scientifique existante.

En janvier 2016, la région présidée par Alain Rousset a installé un comité scientifique régional sur le changement climatique, présidé par Hervé Le Treut. Le climatologue avait déjà coordonné la rédaction de l’étude Acclimaterra, consacrée aux défis de la région Aquitaine face aux changements climatiques.

«A l’échelle régionale, on est par exemple incapable de dire dans quelle mesure l’abeille domestique ou les pollinisateurs sauvages contribuent aux grandes cultures, explique Vincent Bretagnolle. On constate que leurs rendements stagnent, voire diminuent, et ce probablement à cause du manque de pollinisateurs.» Or, précise l’écologue, «le politique a besoin de ces éléments pour identifier les leviers écologiques et paysagers, pour prédire et quantifier les résultats: il faut transformer les grands principes en choses concrètes.»

 

 



[1] Giec: Groupe international d’experts sur l’évolution du climat

[2] IPBES: plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques

[3] Comme Bernard Chevassus-au-Louis ou Bruno Latour.

 

 

 

 

 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus