La Norvège renonce à la séquestration du carbone

Le 23 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le site de Mongstad.
Le site de Mongstad.
Alstom

Terrible coïncidence. A quelques jours de la publication du premier tome du 5e rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), la Norvège annonce qu’elle abandonne son projet le plus ambitieux de captage-stockage géologique de CO2 (CSC).

Par la voix d’Ola Borten Moe, son ministre du pétrole et de l’énergie, le royaume scandinave a confirmé, le 20 septembre, qu’il renonçait à financer le projet de CSC de Mongstad. Porté par le pétrogazier national Statoil, ce programme prévoyait de capter, transporter dans un gazoduc sous-marin et d’injecter dans un aquifère salin, situé dans le sous-sol de la mer du Nord, le CO2 produit par la centrale électrique à cogénération de Mongstad.

1 million de tonnes de CO2 par an

Le projet devait se dérouler en deux temps: construction d’une unité-pilote de captage de CO2, d’une capacité de 100.000 tonnes par an, avant qu’une seconde unité de captage (utilisant également la technologie de l’ammoniaque réfrigéré d’Alstom Power) ne prenne le relais pour envoyer sous terre le million de tonnes de gaz devant être produites, chaque année, par la centrale électrique.

Pour expliquer sa décision, Ola Borten Moe met en avant la faiblesse du prix du CO2 et l’insécurité financière du projet. Ce dernier argument fait sourire les observateurs qui rappellent que les prix du brut (la Norvège est le 3e exportateur mondial d’hydrocarbures) flirtent encore avec les sommets.

Oslo explique toutefois qu’elle poursuivra la réalisation d’un programme national de recherche sur le CCS, en finançant à hauteur de 100 millions de couronnes (12,5 M€} par an un laboratoire, également situé à Mongstad. Pour Frederic Hauge, le patron de Bellona (l’une des rares ONG environnementales à soutenir le CSC), ce renoncement est la preuve de l’impéritie des derniers ministres du pétrole et des dirigeants de Statoil.

La décision peut effectivement surprendre, alors que les techniciens de Statoil sont les premiers au monde à avoir mis en œuvre des systèmes industriels de CSC sur les gisements offshore de gaz de Sleipner et de Snovhit. Des actions réalisées pour éviter de payer la taxe carbone locale, réputée être l’une des plus élevées au monde.



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