La Norvège cède aux compagnies pétrolières

Le 19 mai 2016 par Stéphanie Senet
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Que fait Oslo de l'accord de Paris?
Que fait Oslo de l'accord de Paris?

Cédant à la pression des compagnies pétrolières, la Norvège a ouvert, le 18 mai, de nouvelles zones à la prospection.

 

C’est une première depuis plus de 20 ans. Treize compagnies pétrolières vont bénéficier de l’élargissement de la zone d’exploration pétrolière. Une décision climaticide. Le fleuron national Statoil récupère sans surprise deux licences d’exploration alors que la production pétrolière norvégienne n’a cessé de se réduire depuis le pic atteint en 2001. En 2014, celle-ci a atteint 1,49 million de barils par jour, soit moitié moins qu’au début du siècle. Statoil a aussitôt déclaré vouloir démarrer sa campagne de prospection dès 2017. «Si nous trouvons quelque chose, cela pourrait impliquer des ressources considérables», espère dans un communiqué Jez Averty, un haut responsable du groupe norvégien.

 

Parmi les autres groupes pétroliers bénéficiaires d’une licence, on trouve le Suédois Lundin Petroleum, le Russe Lukoil, les Américains Chevron et CoconoPhililps ainsi que le Britannique Centrica.

 

Oslo fait fi de l’accord de Paris

 

En colère, les associations de protection de l’environnement ont rappelé que certaines zones créées s’avéraient dangereusement proches de la banquise. «Nous ne pouvons pas risquer un nouveau Deepwater[1] Horizon en mer de Barents, une région à l’écosystème riche, mais fragile», a rappelé Tuls Gulowsen, responsable de Greenpeace Norvège. Le gouvernement norvégien a, semble-t-il, oublié qu’il a signé, le 12 décembre à Paris, un accord destiné à limiter le réchauffement bien en deçà de 2 degrés. «Si on veut atteindre cet objectif, on ne peut pas chercher du pétrole ni du gaz dans l’Arctique», a ajouté Tuls Gulowsen.

 

Oslo semble avoir d’autres préoccupations. Pour distribuer ces nouvelles licences, le gouvernement n’avait pas hésité, le 20 janvier 2015, à faire redessiner les contours de la banquise pour arriver à ses fins, puisque la prospection et l’extraction d’hydrocarbures y sont théoriquement interdites.



[1] En référence à l’explosion dans le golfe du Mexique de la plate-forme Deepwater Horizon, en avril 2010, qui a provoqué la plus grave marée noire de l’histoire des Etats-Unis.

 



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