La néphrolithiase, maladie du XXIème siècle

Le 16 juillet 2014 par Romain Loury
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Dallas, capitale américaine des calculs rénaux?
Dallas, capitale américaine des calculs rénaux?
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Les calculs rénaux pourraient devenir un problème croissant au cours du XXIème siècle, suggère une étude américaine publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP). La faute au réchauffement climatique, qui fait déjà craindre une hausse des accidents cardiovasculaires et de l’insuffisance respiratoire.

Même léger, un état de déshydratation diminue le volume d’urine et rend son pH plus acide. Ce qui rend le calcium moins soluble, celui-ci s’agrégeant sous forme des calculs rénaux, très douloureux. Avec de plus en plus de jours chauds, cette néphrolithiase pourrait bien devenir un problème de santé majeur au cours du XXIème siècle.

L’étude publiée par Gregory Tasian, urologue au Children’s Hospital de Philadelphie, et ses collègues montre déjà un effet marqué de la température. Menée sur près 60.500 patients ayant consulté enter 2005 et 2011 pour des douleurs liées à des calculs rénaux, cette analyse révèle qu’on observe près de 40% plus de cas les jours où la température moyenne est de 30°C, par rapport aux jours à 10°C.

Dans le détail, le surrisque est de 38% à Atlanta, 37% à Chicago, 36% à Dallas, 47% à Philadelphie et 11% à Los Angeles [1]. Détail révélateur, «la prévalence de néphrolithiase à Atlanta est presque deux fois plus élevée qu’à Los Angeles, alors que la température moyenne annuelle des deux villes est de 17°C. Cependant, Atlanta présente en moyenne 53 jours dont la température moyenne dépasse 27°C, contre seulement 10 pour Los Angeles».

Particularité de Dallas, ville la plus chaude de toutes, un plafond se profile au-dessus de 30°C, de sorte que l’on ne dépasse pas le seuil de 40% de néphrolithiase en plus. Selon les chercheurs, la population prendrait ses précautions lorsque le soleil se fait plus agressif, s’abreuvant plus et restant à l’intérieur.

Phénomène observé dans les 5 villes, le pic de consultation survient dans les 3 premiers jours de grosse chaleur, comme si ces épisodes précipitaient une néphrolithiase naissante chez des personnes à risque. Les jours suivants, le nombre de cas retombe d’ailleurs en-dessous de ce qu’il est à 10°C, avant de remonter vers 6 jours.

Si les chercheurs ne se risquent pas à prévoir l’effet, certain, du réchauffement sur la néphrolithiase, d’autres l’ont fait avant eux. Lors d’une étude publiée en 2008, une équipe de Dallas avait estimé que le nombre d’Américains endurant des calculs rénaux au moins une fois dans leur vie pourrait croître de 30% d’ici 2050, soit 2,2 millions de personnes de plus qu’actuellement.

Au total, 70% de la population vivrait dans une région à risque de néphrolithiase, contre 40% en 2000. Quant aux dépenses de santé, le surplus annuel s’élèverait jusqu’à 1,3 milliard de dollars d’ici 2050, soit une hausse de 25%.

[1] Seul Los Angeles n’atteint pas la significativité statistique. Avec Philadelphie, elle compte moins de cas que les 3 autres villes, dont les résultats s’avèrent ainsi plus robustes.



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