La négociation climatique relancée à Bonn

Le 12 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour leurs retrouvailles, les diplomates du climat ont fixé le programme et le calendrier des négociations de l’année.

La gueule de bois de Copenhague ne s’est pas totalement dissipée. Raison pour laquelle les négociateurs internationaux du climat ont choisi de se retrouver ce week-end à Bonn: leur première réunion depuis le relatif échec du sommet de décembre.

Cette discrétion ne doit pas masquer l’enjeu de laréunion. Il s’agissait de relancer les rouages de la négociation, un peu grippés ces derniers temps. Un objectif, somme toute, atteint. Après des heures d’âpres négociations, les 175 Etats représentés dans l’ancienne capitale allemande ont convenu du calendrier des réunions officielles: 5 sommets se tiendront donc dans le cadre de l’ONU d’ici le 29 novembre, date d’ouverture de la Conférence des parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques et au protocole de Kyoto (COP 16-MOP6), qui se déroulera à Cancun. Pour la préparer, les négociateurs ont chargé Margaret Mukahanana-Sangarwe de rédiger le texte qui servira de base aux éventuelles décisions qui pourraient y être prise.

Le job de la diplomate zimbabwéenne n’est pas gagné d’avance. Son document, dont la première mouture est attendue le 17 mai, devra prendre en compte les principes de tous les textes adoptés jusqu’alors. Problème: l’accord de Copenhague n’a pas été officiellement adopté par la Conférence des parties à la Convention climat. La COP, le parlement climatique mondial, ayant juste «pris note» de son existence. Peu soucieux de faire avancer les discussions, certains pays comme l’Arabie Saoudite, le Soudan, le Venezuela ou la Bolivie se sont emparés de ce prétexte pour faire traîner en longueur les tractations. Sans succès.

Mais cela n’augure rien de bon. «Ces discussions étaient très pénibles, avoue un négociateur européen. Et là, nous n’avons négocié que des points de procédure. Qu’est-ce que cela donnera quand nous parlerons du fond?»

Le fond, il en a été un peu question… dans les couloirs de l’hôtel Maritim, haut lieu des négociations climatiques à Bonn. Certains pays, comme la Bolivie, ont accusé les nations les plus riches de conditionner leur aide publique à l’acceptation du processus onusien. Une posture assumée par le chef de la délégation américaine. «La négociation sur la mise en œuvre d’un accord est en cours. Et nous déciderons [d’attribuer notre aide] selon la façon dont les pays se comporteront» , a indiqué, à Bloomberg, Jonathan Pershing.


A 7 mois de son ouverture, que peut-on espérer de Cancun? Certainement pas un accord-cadre qui succéderait au protocole de Kyoto. «On ne peut pas régler tous les problème du monde avec un seul texte» , résume Paul Watkinson, le patron de la délégation française. Une vision partagée par Ivo de Boer, le futur ex-secrétaire général du secrétariat de la Convention climat. Plus prosaïquement, les négociateurs tablent sur un texte non contraignant qui «habillerait» les engagements pris par une quarantaine de pays ces dernières semaines. Mais tout n’est pas aussi simple.


La plupart des observateurs conviennent que ces promesses sont insuffisantes pour limiter à 2°C le réchauffement climatique. «On est plutôt sur une tendance de 3° à 4°C , regrette Paul Watkinson. Tout l’objet des prochaines sessions de négociation sera donc d’inciter les grands pays émetteurs, notamment la Chine et l’Inde, à durcir leurs objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES). En contrepartie d’un accroissement de l’aide publique occidentale. Le Japon a d’ailleurs montré l’exemple. En marge de la réunion du week-end, sa banque pour la coopération internationale (la JBIC) a annoncé pouvoir prêter 500 milliards de yens (3,9 milliards d’euros) aux pays émergents souhaitant s’équiper de technologies (japonaises, si possible) peu émettrices de GES. Les discussions s’annoncent plus rudes que jamais.



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