La navette aérienne Paris-Bordeaux bat de l’aile

Le 25 mai 2020 par Victor Miget
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HOP !
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Gyrostat (Wikimedia, CC-BY-SA 4.0)

Pour facilement réduire les émissions de CO2 de ses vols domestiques, Air France envisage de supprimer sa liaison entre aérienne Paris-Orly et Bordeaux-Mérignac. Un projet décision qui n’est pas du gout de tous.  

 

L’aide de 7 milliards d’euros accordée par l’Etat à la compagnie tricolore afin de surmonter la crise du coronavirus, ne sera pas versée sans contrepartie. Dimanche 24 mai, au micro de France Inter, la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne a rappelé qu’«en échange du prêt garanti par l'État, Air France a pris des engagements très forts de réduire de 50 % les émissions de CO2 de ses vols domestiques d'ici 2024».

Pour y parvenir, il faudra réduire drastiquement le nombre de trajets pour lesquels il existe une alternative ferroviaire de moins de 2h30. Première desserte dans le collimateur : Orly-Mérignac et ses 550.000 passagers par an. Si la ligne venait à disparaître, les voyageurs devront se rabattre sur le rail. La SNCF propose 35.000 places quotidiennes sur ses liaisons Bordeaux – Paris. Avec des taux de remplissage avoisinant les 70%, les 1.500 voyageurs supplémentaires devraient être facilement absorbés.

L’écologie pour prétexte ?

Mais l’argument écologique ne convainc pas tout le monde. En témoigne un communiqué commun à dix syndicats de l’opérateur Hop, filiale régionale d’Air France, et opérateur de la navette Orly-Bordeaux. Cosigné par CFDT, CGT, CGC-CFE, SNPL, FUC, SPL, UNAC, SNGAF, SNPNC et UNSA, le texte dénonce un «abandon du maillage hexagonal». La compagnie nationale française a, selon eux, décidé «de sacrifier la province sous prétexte de non rentabilité et sous prétexte de consignes gouvernementales». Pour eux, l’argument écologique n’est pas recevable.

C’est aussi l’avis d’élus bordelais. Il y a quelques jours, les présidents de la région Nouvelle-Aquitaine, de la métropole de Bordeaux, de la CCI et des maires de Bordeaux et de Mérignac s’inquiétaient, dans une lettre au premier ministre, de l’impact économique direct de cette mesure. «L’essentiel des passagers est constitué de salariés notamment de la filière aéronautique de la Métropole. Elle emploie près de 35.000 salariés sur Bordeaux Mérignac avec 300 entreprises dont Dassault, Thalès, Sabena Technics, Safran, Ariane Group ou Airbus Defence & Space… » Les signataires demandent le maintien d’un «nombre suffisant» de vols sur cette desserte. A «l’impératif écologique», ils rappellent qu’un «plan ambitieux» visant la neutralité carbone de l’aéroport Bordeaux-Mérignac avait été adopté en décembre.