La mousse de Biarritz: un cocktail de détergents

Le 13 janvier 2020 par Stéphanie Senet
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Une mousse de nouveau échouée lors de la tempête Amélie
Une mousse de nouveau échouée lors de la tempête Amélie

Contrairement à l’écume de mer, la mousse blanche observée sur le littoral affiche de fortes concentrations en molécules chimiques provenant de produits détergents.

 

Tout un symbole. Les résultats présentés le 10 janvier par l’association Sepanso montrent «la mousse de Biarritz» sous un nouveau jour. Récurrents sur le littoral, en particulier à l’occasion de tempêtes, ces dépôts proviennent en effet de détergents pétrochimiques. Loin d’être naturelle, «cela montre la concentration en polluants chimiques dans les eaux littorales», a indiqué à l’AFP Michel Botella de la Sepanso (Fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest affiliée à France Nature Environnement).

Trois molécules chimiques en masse

Précisément, la mousse affiche de fortes concentrations de trois molécules –cationiques, anioniques et non ioniques- présentes dans les gels douche, la lessive et le lave-vaisselle. «On ne devrait pas dépasser le microgramme par litre et nous atteignons les milligrammes, c’est-à-dire mille fois plus», explique Michel Botella.

Les pieds dans la chimie

Ces molécules passent au travers des mailles du traitement des eaux usées et se retrouvent ainsi dans le milieu fluvial puis océanique. C’est pourquoi la Sepanso demande que les autorités tiennent compte de ces résultats pour réglementer la qualité des eaux de baignade. «La concentration de ces molécules devient de plus en plus importante au fil des ans», note l’ONG qui a tiré le signal d’alarme dès 1998.