La mort du cheval «n’est pas liée» aux algues vertes

Le 29 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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La plage de Saint-Michel-en-Grève est particulièrement touchée par les algues vertes
La plage de Saint-Michel-en-Grève est particulièrement touchée par les algues vertes

Le propriétaire du cheval retrouvé mort l'été 2009 sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes d’Armor), réclamait 31.600 euros à l'Etat pour son inaction dans le dossier Algues vertes. Vincent Petit accusait ces fameuses algues, présentes, à l’époque, en abondance sur la plage, d'être à l'origine du décès de son cheval. Il a été débouté aujourd’hui 29 juin par le tribunal administratif de Rennes. La justice estimant notamment qu’il n'a pas prouvé le lien entre le décès et les algues.

«Il y a un décalage entre le droit et la science», s’est indigné Gilles Huet, délégué de l'association environnementale Eau et rivières de Bretagne, selon qui tous les éléments scientifiques dans ce dossier confirment le lien entre la mort du cheval et les algues vertes.

Mais selon le tribunal, «le gaz toxique qui a causé la mort du cheval n'a pas été identifié et il ne résulte d'aucune des pièces versées à l'instruction (...) que l'endroit de la chute du cheval, qui est une vasière, comportait des algues vertes en décomposition en quantité et en état de putréfaction suffisants pour provoquer à elles seules l'intoxication mortelle du cheval».

Et la justice de poursuivre: «Le tribunal ne peut que constater que le décès rapide du cheval est dû, en premier lieu, à sa chute et à son immobilisation dans un trou de vase et note qu'aucun lien direct entre les algues vertes et la mort du cheval n'a été prouvé».

Cette affaire avait fait grand bruit dans l'opinion publique et entraîné en août 2009 la visite du Premier ministre, François Fillon, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève et la reconnaissance par les pouvoirs publics de la toxicité des algues vertes en décomposition.

Vincent Petit, lui-même intoxiqué par un dégagement d'hydrogène sulfuré (H2S) lors de l'incident, survenu alors qu'il traversait une vasière, a saisi le tribunal estimant la responsabilité de l'Etat engagée notamment pour son inaction dans la lutte contre la prolifération des algues vertes.

Lors de l'audience le 1er juin, le rapporteur public a estimé que c'est la vase qui, en générant naturellement des gaz pouvant être toxiques, avait provoqué la mort du cheval profondément enfoncé dans une vasière.

Pour lui, les conséquences de cette situation auraient probablement été analogues si cet accident s'était produit dans une vasière de même dimension située ailleurs, et l'Etat n'est pas responsable de la présence de la vase à cet endroit. «Une argutie juridique», selon le cabinet de Corinne Lepage, avocate du vétérinaire.

Pour le syndicat agricole FDSEA des Côtes d'Armor, l'argumentaire du rapporteur public a été vivement salué. Le syndicat conteste la toxicité des algues vertes et le lien entre leur prolifération et l'agriculture intensive.

 



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