La mondialisation heureuse, selon Emmanuel Macron

Le 25 janvier 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Davos, quelques heures avant l'arrivée de Donald Trump.
Davos, quelques heures avant l'arrivée de Donald Trump.
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Meilleure redistribution des produits de la globalisation et lutte contre le réchauffement en vedette dans le discours que le président français a prononcé devant le Forum économique mondial de Davos.

 

C’est le passage obligé des grands de ce monde. Chaque année à pareille époque, dirigeants politiques, entrepreneurs, superstars se retrouvent à Davos pour tracer quelques perspectives. Même si l’activité économique est repartie de par le monde, le moral n’est pas forcément au beau fixe.

Depuis plusieurs années, les happy fews de la station de ski suisse s’inquiètent de la dégradation de l’environnement, du climat et de leurs conséquences pour le big business. Certains extrémistes appelant même de leurs vœux un durcissement de la régulation du secteur de l’énergie, jugé responsable de bien des maux.

Vision du monde

Mercredi 24 janvier, intervenant quelques heures après la chancelière d’Allemagne Angela Merkel, le président de la République a livré sa vision du monde. Rappelant qu’il avait dû batailler contre un parti nationaliste pour être élu, Emmanuel Macron a appelé son auditoire à adapter la mondialisation aux attentes du plus grand nombre. «La croissance économique, ça n’est pas une fin, ça reste un moyen. Et j’irai même plus loin, cette recherche de croissance économique nous a parfois fait oublier ce que les peuples sont prêts à accepter pour l’obtenir.»

La croissance de moins en moins juste

D’autant, a-t-il rappelé, que «la croissance est structurellement de moins en moins juste». D’où l’importance de redonner du sens à l’économie et à sa globalisation. «Si je n’arrive pas à expliquer aux gens [que la mondialisation] est bonne pour eux et qu’elle sert à traiter les problèmes au quotidien et qu’ils y ont leur place, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans ce seront les nationalistes, les extrêmes, ceux qui proposent de sortir de ce système qui gagneront et ce sera vrai dans chaque pays!»

La France plus compétitive

Prenant l’exemple hexagonal, le locataire de l’Elysée a convenu que l’on pouvait rendre la France plus compétitive à condition d’investir massivement en faveur de la formation, de l’éducation, de l’innovation et de la recherche. Un investissement que l’Etat ne pourra pas faire seul. Le président français a ainsi appelé le monde de la finance à davantage financer le risque et l’innovation et à se concentrer sur de «bons projets durables».

Responsabilité sociétale des entreprises

Le durable, c’est aussi une qualité de vie appréciable. L’ancien ministre de l’économie fait ainsi de la lutte contre le changement climatique un gage de compétitivité: «Il nous faut absolument arrêter d’opposer le changement climatique à la productivité. Pourquoi? Parce qu’on doit attirer les talents et les talents viendront là où la vie est agréable.»

Revenant sur les relations entre les citoyens et l’entreprise, le chef de l’exécutif a plaidé pour une plus grande responsabilité sociale et environnementale des entrepreneurs: «Plus on aura, dans les mécanismes d’investissement et les critères d’investissement, une surveillance de la répartition de la valeur au sein de l’entreprise, ce qui fait d’ailleurs qu’elle se tient dans la durée, plus on construira un vrai capitalisme en termes de partage.»

Pacte mondial

Le climat n’a pas été oublié. Rappelant que la France cesserait dès 2021 de consommer du charbon, le président de la République a rappelé que la communauté internationale ne se mobilisait pas suffisamment pour décarboner son économie: «Nos actes ne sont pas encore à la hauteur de nos engagements».

Routes de la soie

Pour aller de l’avant, Emmanuel Macron renouvelle sa proposition de fixer un prix-plancher du carbone au niveau européen. S’inscrivant dans les pas du président chinois, avocat du projet des nouvelles routes de la soie, le président français veut croire que cette nouvelle donne du commerce international sera favorable à l’environnement: «Ces nouvelles routes de la soie doivent être vertes».

Et pour inciter Pékin à ripoliner son projet, Emmanuel Macron propose l’adoption du Pacte mondial pour l’environnement, «un vrai garde-fou pour nos sociétés et un outil de la justice environnementale», à l’horizon 2020. Un scoop!



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