La mobilité rurale n’est pas ce que l’on croit

Le 24 octobre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En milieu rural, le coût des transports peut se révéler prohibitif.
En milieu rural, le coût des transports peut se révéler prohibitif.
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C’est l’un des arguments favoris des opposants à l’alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence. Taxer le diesel serait préjudiciable aux plus de 11 millions de ruraux, tributaires de leur voiture pour leurs déplacements, faute de transports publics.

C’est cette allégation qu’a voulu vérifier Marie Huyghe. Ingénieure de recherche au laboratoire Citeres, de l’université François Rabelais de Tours, la doctorante a lancé, en 2011, une étude sur la mobilité en zone rurale, dont les résultats seront publiés, le 26 novembre, lors d’un colloque organisé à Orléans par l’université de Tours, l’Ademe, le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine et la région Centre.

Un bilan personnalisé

En interviewant les membres d’une quarantaine de familles de l’agglomération d’Azay-le-Rideau (Indre), l’équipe du projet Moure (pour mobilité et urbanisme rural) a recensé les pratiques usuelles de déplacement, durant une semaine. «Ensuite, nous avons établi un bilan, par famille, en terme de kilomètres parcourus, de temps passé, de coût et d’émission de CO2», indique la chercheuse.

Des résultats qui dérangent

Le bilan surprend souvent: «Un couple ayant deux voitures a été choqué de voir qu’il consacrait 20.000 euros par an à ses déplacements». Les chercheurs ont ensuite proposé aux membres du panel des alternatives personnalisées à la bagnole (train régional, co-voiturage, réorganisation du travail pour limiter le nombre de déplacements) et suivi l’évolution des pratiques sur une semaine.

La brièveté de l’étude et le faible nombre de participants limitent, sans doute, la portée d’une l’étude, riche pourtant de quelques enseignements. «Les émissions de CO2 ne parlent pas aux gens. Ce qui est beaucoup plus efficace c’est qu’ils puissent se situer par rapport à un chiffre de référence.» Pour «transporter»la région d’Azay-le-Rideau dans un monde plus «durable», la mobilité ne devrait pas être à l’origine de plus de 600 kg de CO2 par Ridellois et par an. «Or, la plupart des habitants émettent trois à quatre fois ce montant», rappelle Marie Huyghe.



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