La mobilité, corollaire indispensable à la qualité de vie

Le 29 mai 2018 par Marine Jobert
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Les transports communs, un entrelacs pas simple.
Les transports communs, un entrelacs pas simple.

L’offre, même dense, de transports en commun, ne suffit pas à une mobilité ouverte au plus grand nombre. C’est ce que démontre une étude d’un think tank.

Aller chez le médecin. Rendre visite à des amis. Faire les courses. Se déplacer pour travailler. Autant de déplacements du quotidien, essentiels, et qui sont pourtant loin d’aller de soi. C’est ce que montre une enquête[1] sur la mobilité et l’accès des Français aux services de la vie quotidienne, dévoilée ce 29 mai par le laboratoire de la mobilité inclusive[2], lors des 5e rencontres sur le sujet. Un point de vue instructif à quelques jours de la présentation du projet de loi d’orientation sur les mobilités.

L’écotaxe bouge encore… Au jour, à la semaine, au mois ou à l’année? Le gouvernement réfléchit à l’instauration d’une vignette temporelle pour les poids lourds, a précisé la ministre lors d'une rencontre à Paris avec des journalistes de la future Association des journalistes des transports et des mobilités.

Déménager pour mieux circuler

Car 3 à 4 Français sur 10 déclarent avoir, par défaut de mobilité, renoncé ou repoussé une activité du quotidien: projet de sortie culturelle ou de loisirs (41%), démarches administratives (36%), rendez-vous médical (30%), activité physique ou sportive (29%), courses alimentaires (26%). La sphère professionnelle aussi souffre des contraintes liées aux transports: 30% des actifs en emploi, confrontés à des difficultés de déplacement, ont déjà envisagé de changer de mode de vie (télétravail, temps partiel, arrêt du travail), 23% ont pensé à déménager pour se rapprocher de leur emploi et 30% ont même songé à changer de travail pour cette raison.

Manque de fluidité des TC

Qui sont les déclassés de la mobilité? Sans surprise, les personnes non équipées d’une voiture, mais aussi, de façon plus surprenante, les usagers réguliers des transports en commun. Les habitants de l’agglomération parisienne sont ceux qui déclarent le plus avoir déjà renoncé à des loisirs ou à une sortie culturelle (54%). «Pour cette population qui dispose d’un large choix de moyens de transport, c’est moins un problème d’offre que de fluidité», explique Valérie Dreyfuss, déléguée générale du think tank. Ce sont les jeunes (18-25 ans) et les actifs (cadres et employés) qui sont les plus concernés, davantage même que les retraités.

Difficultés cognitives

Car un foisonnement d’offres ne suffit pas à faire une mobilité heureuse. Pourtant bien pourvus en bus, tramways, métro ou RER, les habitants des zones les plus urbaines (agglomération parisienne et agglomérations de plus de 100.000 habitants) semblent être les plus en difficulté. Un tiers des résidents de l’agglomération parisienne déclarent avoir renoncé à se rendre dans un lieu inconnu par incapacité à construire leur itinéraire. «La mobilité n’est pas uniquement une affaire d’offre de transport. C’est aussi la capacité à pouvoir comprendre le système de transport en place; ce qui renvoie aux compétences cognitives, explique Valérie Dreyfuss. Voilà pourquoi l’apprentissage et l’accompagnement des plus vulnérables sont des actions indispensables d’émancipation individuelle et d’inclusion sociale et professionnelle.» Pas très étonnant quand un Français sur 5 possède un faible niveau d’écriture et de lecture. «L’offre est tellement vaste et les transformations sont si rapides que les populations des zones urbaines ont besoin d’être accompagnées pour qu’à terme elles gagnent en autonomie. C’est aussi l’enjeu du multimodal et la capacité de tous à s’en saisir», insiste Valérie Dreyfuss.

Transports trop chers

Les sondés, eux, mettent d’abord en avant le prix des transports pour expliquer leur renoncement à certains déplacements. 53%, quels que soient l’âge, la profession ou le lieu de résidence, suggèrent une baisse du coût de l’essence, des tickets de transport, des assurances, etc. Vient ensuite un réseau de transports en commun avec des horaires ou des fréquences mieux adaptés à leur quotidien (35%), mais aussi l’acquisition d’un véhicule qui va de pair avec l’obtention du permis de conduire. 20% des Français évoquent le besoin d’un véhicule (supplémentaire ou premier véhicule) pour améliorer leur mobilité au quotidien. Une solution nettement plus plébiscitée parmi les jeunes (28% des 18-24 ans et 23% des 25-34 ans).

 


[1] Enquête menée auprès d’un échantillon de 1.000 individus, représentatifs des résidents de la France métropolitaine, âgés de 18 ans et plus, réalisée en ligne début mai 2018.

[2] Ademe, AG2R La Mondiale, Croix-Rouge française, CGET (Commissariat général à l’égalité des territoires), Ecole d’urbanisme de Paris, Délégation ministérielle des missions locales (DMML), Fondation agir contre l’exclusion (FACE), Fonds d’action sociale pour le travail temporaire (FASTT), fondation d’entreprise groupe MACIF, fondation d’entreprise Michelin, fondation PSA, Keolis, groupe Mob’In, La Poste, Pôle emploi, Secours catholique, Total, Transdev, Wimoov.

 



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