La mer, qu’on voit chauffer…

Le 26 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A mesure que la mer monte, les zones inondables se multiplient.
A mesure que la mer monte, les zones inondables se multiplient.
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L’océan est particulièrement touché par les changements climatiques et leurs conséquences: il se réchauffe, prend plus de place. Mais il devient aussi moins accueillant pour la faune et la flore marines.

L’atmosphère n’est pas seul à subir les effets d’une surdose de gaz à effet de serre. Couvrant plus de 70% de la surface de la planète, mers et océans s’échauffent aussi. Sur les 75 premiers mètres de profondeur, la température s’est élevée, en moyenne, de 0,1°C par décennie, entre 1971 et 2010. Durant ces 40 ans, les océanographes estiment que cette couche superficielle a absorbé de 74 à 137 térawatts de chaleur atmosphérique. Cet échauffement atteint, depuis les années 1990, les grands fonds. Au-delà de 4.000 mètres, l’eau gagne 0,01°C par décennie, en moyenne, et 0,03°C dans les profondeurs de l’océan austral.

le Pacifique tropical BIENTÔT POTABLE?

La modification du régime des pluies, notamment, conduit à une modification de la salinité des mers. A très gros traits, il pleut davantage sur les zones où l’eau est la moins salée. A contrario, l’évaporation s’est accentuée dans les régions les plus salées. Conséquence: depuis un demi-siècle, les eaux peu salées, comme celles du Pacifique tropical, deviennent de plus en plus douces, contrairement à celles de l’Atlantique Nord ou de la Méditerranée, dont la concentration en sel augmente.

Phénomène connu, la montée du niveau de la mer tend à s’accélérer. Durant tout le XXe siècle, le niveau des océans et des mers s’est élevé à un rythme compris entre 1,4 et 2 millimètres par an. Depuis 1993, cette vitesse peut atteindre les 3,7 mm/an. Différents phénomènes expliquent cette évolution: les variations cycliques du régime des vents et de la circulation des eaux marines, la dilatation thermique de l’eau et la fonte des glaces telluriques.

Un record de 20 millions d’années

En absorbant le quart du CO2 relâché par les activités anthropiques, l’océan voit son stock de carbone augmenter significativement. Depuis le début de la révolution industrielle, les mers ont ainsi digéré plus de 155 milliards de tonnes de carbone: 568 Mdt de CO2. Ce magot augmente d’une dizaine de milliards de tonnes de CO2 par an. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, le pH de l’eau marine est passé, en moyenne de 8,2 à 8,1. Infime en apparence, cette baisse correspond à une augmentation de 26% des ions hydrogène et donc à une acidification significative des océans. En s’appuyant sur les calculs de deux chercheurs californiens, les rédacteurs du rapport estiment qu’au rythme actuel d’émission de GES, l’acidité moyenne de l’océan pourrait être supérieure, d’ici la fin du siècle, à celle enregistrée au cours des 20 dernières millions d’années. Ce qui devrait fortement influer sur la vie marine.

Désoxygénation

Tout comme la diminution de la concentration d’oxygène. De nombreuses régions de l’océan sont connues pour être anoxiques, souvent depuis de longue période (les zones mortes de la mer Noire). Toutefois, pour des raisons encore inexpliquées, la plupart des régions marines connaissent une importante désoxygénation depuis un demi-siècle. Des raisons naturelles sont parfois en cause, comme les blooms algaux imputables aux remontées d'eau (upwellings). D’autres pourraient être dues aux rejets anthropiques d’azote ou de phosphore, via les fleuves. Les changements climatiques figurent aussi au rang des suspects. Les eaux chaudes absorbant moins d’oxygène que l’eau froide, le Giec estime que 15% de la désoxygénation des mers pourraient être l’une des conséquences du réchauffement de l’océan.



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