La mer a rendez-vous avec la croissance verte

Le 25 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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Le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) donne sa vision de la croissance verte, l’un des thèmes prioritaires du prochain somment Rio+20 (1), en publiant un rapport, aujourd’hui 25 janvier, sur le potentiel économique et environnemental de l’exploitation durable du monde marin. Au programme: pêche et transport maritime durables, sans oublier l’essor des énergies et des ressources marines.

Les impacts de l’homme sur les côtes et les océans ont détruit 20% des mangroves et ont mis en danger 60% des récifs coralliens. Sans parler de la surpêche.

Le Pnue s’attaque en priorité à réduire les capacités de la pêche et à restaurer les stocks de poisson à un niveau optimal. 32% des stocks sont en effet surexploités, épuisés ou en cours de reconstitution. Le rétablissement d’un niveau optimal de poisson permettrait de restaurer une partie de la biodiversité marine. Une opération également intéressante sur le plan économique, avec un potentiel de 50 milliards de dollars (38,51 milliards d’euros) de revenus annuels.

L’aquaculture peut de son côté compenser la baisse des activités de pêche. Mais il faut rester vigilant quant à sa pression sur les écosystèmes.

Le rapport suggère aussi que le secteur de la pêche investisse dans les technologies vertes afin de réduire sa consommation de fioul et ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Par technologies vertes, le Pnue entend des bateaux plus sobres, des systèmes de réfrigération moins gourmands en énergie, une moindre production de déchets et des systèmes innovants d’aquaculture.

Au-delà des techniques, le Pnue n’a pas oublié les pêcheurs, pierre angulaire de la transition vers une activité plus respectueuse de l’environnement. Le rapport estime qu’il faut donc associer les organismes régionaux, communautés de pêcheurs, associations professionnelles et agences nationales. Au niveau réglementaire, le Code de conduite de la FAO (Food and Agriculture Organization) pour une pêche responsable ne suffit pas. Il faut le compléter par des directives internationales pour sécuriser la pêche artisanale.

Autre acteur de cette croissance bleue: le transport maritime, qui transporte déjà 90% du fret mondial. Pour le Pnue, ce mode cumule deux avantages: il est sécurisé et ses émissions de polluants dans l’air sont encadrées par l’annexe VI de la convention Marpol [JDLE]. Ce qui n’empêche pas le Pnue de préconiser un renforcement des standards de l’Organisation maritime internationale.

Le développement des énergies marines intéresse également l’agence onusienne. L’éolien offshore exclu, leurs capacités pourraient produire, à l’avenir, 7.400 exajoules par an (soit l’équivalent de 78 années de consommation d’énergie des Etats-Unis, au rythme actuel de consommation). Pour l’heure, elles démarrent juste, et représentent moins de 1% de la production d’énergies renouvelables (en 2008). Le rapport précise que leur décollage pourrait se produire autour de 2020.

Si les énergies marines peuvent contribuer à réduire les émissions de GES sur la planète, elles présentent toutefois des risques pour la faune (oiseaux, poissons et mammifères marins). Les objectifs politiques de production d’énergie doivent donc prendre en compte leurs éventuelles conséquences sociales et environnementales.

Le rapport rappelle également que l’usage croissant d’engrais dans l’agriculture, au cours des 60 dernières années, a pollué les rivières, les nappes aquifères et les côtes. La quantité d’azote entrant dans le système biochimique de la Terre a augmenté de 150% depuis le début de l’ère industrielle. L’eutrophisation a augmenté de façon exponentielle et les nitrates sont les principaux polluants des eaux souterraines des pays développés. Dans la seule Europe, la pollution marine coûte 320 milliards d’euros par an. Il est donc urgent d’abandonner notre façon «linéaire» de consommer les nutriments en faveur d’une approche «cyclique», qui envisage un usage plus efficace, et un traitement des déchets formés par les nutriments, par ailleurs source d’emplois. Le changement doit en priorité concerner les Etats insulaires.

Le Pnue s’est aussi intéressé au tourisme, dont le développement s’accélère (plus de 4% de croissance annuelle pour le secteur mondial du voyage). Pour alléger les pressions sur la biodiversité et les cultures locales, le rapport propose d’évoluer, à grande échelle, vers un tourisme durable, encadré par des politiques publiques. Le label du pavillon bleu, pour les communes littorales et les ports, est cité en exemple. Il se développe d’ailleurs à l’échelle mondiale. Là encore, des emplois sont à la clé, en particulier au niveau local, au sein de PME.

Les ressources minérales des grands fonds marins sont enfin citées comme un potentiel nouveau de revenu, qui pourrait servir à financer les objectifs que les politiques vont fixer. Mais le flou règne encore quant à son étendue. L’heure est à la recherche et à l’étude d’impact sur les écosystèmes.

(1)    Du 13 au 22 juin à Rio de Janeiro

 



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