La mémoire météo française sort des cartons

Le 09 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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Bonne nouvelle pour les historiens du climat. Ils vont avoir accès à un siècle d’archives, issues des services météorologiques français, jusque-là laissées à l’abandon.

 
A l’heure du tout-numérique, l’information s’avère déroutante. Pourtant, seules 10 à 20% des observations réalisées depuis la création du service météo français, au milieu du XIXe siècle, sont actuellement intégrées dans la base de données climatologiques nationale, gérée par Météo France.
 
Un nouveau fonds, jusqu’à présent délaissé sur le site des Archives nationales de Fontainebleau, va désormais faire l’objet d’une restauration et d’une numérisation, a-t-on appris lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 6 janvier par les Archives nationales et Météo France, partenaires de l’opération (1), en compagnie d’un mécène, la Fondation BNP Paribas.
 
Les 6.300 cartons qui vont être révélés aux chercheurs et au grand public représentent deux kilomètres de linéaires, parmi lesquels se trouvent essentiellement des cartes de prévision et de pointage de mesures, des relevés d’observations météorologiques, et quelques atlas climatologiques. Toutes ces données ont été produites entre 1850 et 1960.
 
«Ce projet a un double intérêt, à la fois scientifique et patrimonial. Il va nous permettre de connaître les modèles passés du climat afin de pouvoir identifier les tendances à venir», a affirmé le président de Météo France, François Jacques, qui n’a pas caché son enthousiasme en tant qu’ancien historien des sciences.
 
Ce projet va courir sur trois ans. Le précieux fonds va d’abord être dépoussiéré et désamianté. Puis les équipes procéderont à l’inventaire et à l’archivage des fonds, avant de les analyser et de les numériser en partie.
 
Les pièces les plus importantes seront dévoilées dès cette année au sein d’une galerie internet et feront l’objet d’une exposition en 2014. Pour Philippe Dandin, directeur de la climatologie à Météo France, ce fonds sera particulièrement utile lorsqu’il s’agira d’analyser des données à venir. «A partir de données homogénéisées, on peut déduire un signal climatique sur un siècle», a-t-il ajouté. En clair, on peut établir si telle hausse des précipitations est significative ou non. Plus largement, ces données serviront à mieux appréhender les phénomènes extrêmes.
 
Parmi les plus belles trouvailles, Sylvie Le Clech, directrice scientifique du site bellifontain des Archives, a cité les 14 cahiers du docteur Clos, un médecin passionné de météorologie, qui y a consigné ses observations journalières, donnant accès à des informations allant de 1797 à 1841, comme l’orientation du vent, sa force, la qualité de l’atmosphère et les perturbations météo.
Autre exemple, une carte de 1924 représente la théorie norvégienne des fronts, imaginée au début du XXe siècle, alors qu’elle ne sera opérationnelle en France que dans les années 1930.
 
Le coût du projet est estimé à 3,6 millions d’euros, dont 900.000 € proviennent de BNP Paribas.
 
(1) Une convention de partenariat scientifique a été signée en avril 2011 entre les Archives nationales et Météo France, pour une durée de trois ans renouvelable.


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