La Méditerranée envahie par les micro-déchets de plastique

Le 03 janvier 2011 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

L’Ifremer[1] et l’université de Liège estiment à environ 250 milliards le nombre de micro-fragments de plastique flottant dans la Méditerranée. Ces résultats, révélés fin décembre 2010, proviennent des prélèvements effectuées l’été dernier dans le cadre de l’expédition Méditerranée en danger (MED).

La première série de mesures a été effectuée au large des côtes françaises et dans le nord de l’Italie. « Les résultats obtenus au cours de la campagne 2010 interpellent, tant la charge en plastique fut parfois plus abondante que celle imaginée au départ », note l’expédition.

En effet, 90 % des stations visitées ont montré la présence en surface de micro-déchets faits de plastique pour la grande majorité[2]. En moyenne, le nombre de micro-déchets flottants atteint 115.000 éléments par kilomètres carré, avec un maximum rencontré de 892.000 éléments.

Le constat est alarmant, car « cette concentration moyenne dépasse celle des gyres océaniques, c'est-à-dire les tourbillons formant les ‘continents de déchets’ du Pacifique et de l’Atlantique » (dans le JDLE), avec davantage de stations présentant de fortes concentrations (plus de 100.000 éléments).

Il existe deux principales sources de micro-particules de plastique dans le milieu marin (rapport de l’atelier de juillet 2010). D’une part, les « résines plastique » utilisées dans la fabrication des matières plastique. D’autre part, des fragments de plastique résultant de la détérioration et de la désintégration des objets en plastique[3], principalement les déchets perdus ou abandonnés (emballages, vêtements, matériaux de construction, filets et matériel de pêche ou d’aquaculture etc...).

Ces minuscules déchets sont ingérés par la faune marine, à commencer par les zooplanctons, eux-mêmes mangés par des poissons, qui se retrouvent dans nos assiettes. L’impact précis sur les écosystèmes est en cours d’étude, en particulier l’absorption de micro-déchets par une famille de poissons (les Myctophidés). Mais l’on sait déjà que les déchets plastique provoquent des dommages physiques aux mammifères marins, aux poissons et aux invertébrés, et les cas de mort par étranglement, asphyxie ou blocage des organes sont communs.[4]

Il est également établi que les particules de plastique ont tendance à accumuler les substances persistantes toxiques comme les polychlorobiphényles (PCB), le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) et les polybromodiphényléther (PBDE). « Une des plus grandes incertitudes est de savoir si cela conduit à la bioaccumulation de ces contaminants (absorbés et additifs plastique) et, de ce fait, si les micro-plastiques représentent un vecteur supplémentaire et important pour le transfert de ces polluants », notent les scientifiques dans leur rapport de juillet dernier.

Les prélèvements en Méditerranée vont se poursuivre en 2011, pour faire des comparaisons avec 2010 sur les mêmes sites. Les analyses continueront ensuite au large de l'Espagne, de Gibraltar, du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie, puis au sud de l'Italie, de la Sardaigne, de la Corse et au nord de l'Italie.



[1] l'Institut français de la recherche pour l'exploration de la mer

[2] Les prélèvements ont été réalisés dans les 20 premiers centimètres de surface et non sur toute la colonne d'eau.

[3] En cause, la hausse de la production mondiale des matières plastique (245 millions de tonnes métriques en 2008)

[4] Des micro-plastiques ont récemment été détectés, après une exposition expérimentale, dans les systèmes circulatoires et d’autres tissus d’organismes filtreurs, tels que les moules bleues, et y ont provoqué des réactions inflammatoires spécifiques.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus