La mauvaise étoile des moules du Morbihan

Le 12 juin 2017 par Marine Jobert
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Les étoiles de mer colonisent les pieux.
Les étoiles de mer colonisent les pieux.
©Syndicat conchylicole de Pénestin

Par millions, les étoiles de mer ont envahi les pieux des moules de bouchot d’un des hauts lieux de production du Morbihan. En cause: une eau plus chaude et moins salée, propice à la prolifération de ses amatrices de bivalves. Désemparés, les producteurs tentent de riposter.

Les étoiles de mer raffolent des moules et de l'eau bien salée. Accrochées en grappes sur les pieux, elles ont ainsi trouvé le gîte et le couvert: pour la 4e année consécutive, la trentaine de mytiliculteurs de Pénestin (Morbihan) risquent de se faire boulotter environ la moitié de leurs récoltes. La faute à un climat doux qui favorise une eau tempérée et au manque de précipitations, qui ne fait pas descendre la salinité. «Plonger une étoile de mer dans de l’eau douce et elle blanchit instantanément», remarque Bruno Evain.

Trois moules par étoile

Le référent du projet anti-étoiles de mer du syndicat conchylicole de Pénestin n’attribue pas la responsabilité de cette prolifération aux seuls changements climatiques en cours –et donc à la diminution du nombre de lâchers d’eau du barrage situé en amont sur la Vilaine, qui entrainent Asterias Rubens au large. Certes, leurs capacités de reproduction impressionnent (tout comme leurs besoins alimentaires avec trois moules par jour chacune), puisque chaque animal pond quelque 500.000 œufs. Mais la présence d’un port de plaisance, et la production d’eau potable afférente, peuvent aussi expliquer la persistance et l’aggravation du phénomène, que l’on trouve également aux larges des côtes charentaises et vers La Plaine-sur-Mer (Loire-Atlantique).

Cautère sur jambe de bois

Mais l’heure n’est manifestement pas à s’appesantir sur les causes, puisque «les sécheresses, on en aura de plus en plus», anticipe Axel Brière, le président du syndicat conchylicole. Grâce à des chaluts qui ont remonté 100 tonnes d’échinodermes, les producteurs tentent de valoriser économiquement la plaie qui les accable. Outre un état des lieux de la problématique en Bretagne, une étude est également en cours, financée par le conseil régional de Bretagne, pour valoriser cette matière première constituée à 75% d’eau. Pour l’heure, c’est Suez qui teste leur compostage, en envoyant les étoiles de mer à Castres… Pas très compétitif quant aux émissions de gaz à effet de serre, reconnaît Axel Brière, qui croit savoir qu’elles seront bientôt expédiées à Nantes, à 100 kilomètres de là. Un cabinet d’études a également été sollicité pour fabriquer un cône qui les empêcherait de grimper aux pieux. «On essaie de développer des moyens singuliers, comme de mettre des filets autour des pieux. Mais c’est catastrophique au plan écologique, puisque les filets, on les jette après», conclut le producteur, qui se fait peu d’illusions.



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