La malbouffe, c’est déprimant

Le 11 avril 2012 par Romain Loury
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Déprimant, le Big Mac.
Déprimant, le Big Mac.

Une alimentation riche en fast-food et en boulangerie industrielle pourrait accroître le risque de dépression, révèle une grande étude espagnole publiée dans la revue Public Health Nutrition.

Une fois de plus, les principaux suspects sont les acides gras de type trans, liés à l’obésité, aux maladies cardiovasculaires et à la maladie d’Alzheimer. Une étude récente a même mis en évidence un comportement plus souvent agressif chez les personnes consommant le plus de ces lipides.

L’étude conduite par Almudena Sanchez, de l’université Las Palmas de Gran Canaria, et ses collègues n’est pas la première à s’intéresser au lien entre malbouffe et dépression. Mais à la différence de travaux précédents, elle suggère un lien de causalité: la malbouffe n’est pas (seulement) une conséquence de la dépression, elle pourrait la favoriser.

Menée sur 8.964 personnes de la cohorte SUN (Seguimento Universidad de Navarra), qui regroupe professeurs et anciens étudiants de cette université espagnole, l’étude révèle une hausse de 37% du risque de dépression à forte consommation de fast-food ou de boulangerie industrielle [1]. Un chiffre obtenu après prise en compte de l’âge, du tabagisme, de l’activité physique et de la consommation de produits frais.

Ce qui amène les chercheurs à suggérer un lien de causalité, c’est le fait qu’ils aient répété leur analyse tous les 6 mois, excluant à chaque fois les nouveaux cas de dépression. Une manière d’écarter les cas, pas encore diagnostiqués, de dépression imminente -à savoir des personnes susceptibles de moins bien s’alimenter en raison d’une baisse de moral.

Selon les chercheurs, «toute politique de santé publique devrait prendre en compte les effets délétères de ces produits sur la santé mentale, et pas seulement sur le risque cardiovasculaire».

Lors d’une précédente analyse de la cohorte SUN, l’équipe espagnole avait montré le lien entre acides gras trans et dépression. Un risque qui semble au contraire amoindri chez les personnes consommant des oméga-3 ou de l’huile d’olive.

[1] Dans la catégorie fast-food, les chercheurs incluent les hamburgers, les saucisses et les pizzas, tandis que la boulangerie industrielle comprend notamment les muffins, les donuts et les croissants.



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