La maladie de Parkinson plus fréquente dans les zones agricoles

Le 31 mars 2017 par Romain Loury
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Les vignes utilisent 20% des pesticides
Les vignes utilisent 20% des pesticides
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Même sans être de profession agricole, les personnes vivant dans les zones rurales sont plus à risque de maladie de Parkinson que la population générale, révèle une étude française publiée dans l’European Journal of Epidemiology. En particulier celles vivant dans les zones viticoles, plus gourmandes en pesticides.

Depuis 2012, la maladie de Parkinson est officiellement reconnue comme une maladie causée par les pesticides, et est inscrit au tableau des maladies professionnelles. Qu’en est-il chez les riverains d’exploitations, eux aussi exposés à ces produits? Menée par l’équipe d’Alexis Elbaz, du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, hôpital Paul Brousse, Villejuif)[i], une étude révèle l’existence d’un surrisque, léger mais statistiquement significatif.

Les chercheurs ont analysé 69.010 cas de maladie de Parkinson diagnostiqués entre 2010 et 2012 et répertoriés par l’assurance maladie, qu’ils ont analysés selon la proportion de terres agricoles dans le canton de résidence. Résultat, l’incidence de personnes atteintes de la maladie s’élève dans les zones les plus agricoles.

+10% dans les zones les plus viticoles

En particulier lorsque la viticulture, qui concentre 20% des pesticides sur 3% des terres agricoles, domine: pour les cantons où la densité de vignes est la plus forte, l’incidence de maladie de Parkinson est 10% plus élevée. Cette association, qui demeure après exclusion des agriculteurs, est similaire chez les hommes et chez les femmes, mais est plus marquée chez les personnes âgées de plus de 75 ans.

«Peut-être les personnes les plus âgées ont-elles exposées plus longtemps que les autres, notamment à des pesticides toxiques qui sont aujourd’hui interdits, comme les organochlorés, explique Sofiane Kab. Par ailleurs, il est possible que le poids des facteurs environnementaux soit plus important après 75 ans, tandis que la susceptibilité générique pourrait jouer un rôle plus important pour les cas   survenant chez les plus jeunes».

Plusieurs études ont montré l’omniprésence des résidus de pesticides chez les riverains d’exploitations agricoles, jusque dans les poussières recueillies à leur domicile. Selon les chercheurs, le surrisque de maladie de Parkinson pourrait aussi s’expliquer par leurs propres activités de jardinage, par la consommation de fruits et légumes prélevés directement dans les champs, voire par un recours plus fréquent à des puits privés.



[i] Le CESP est sous tutelle de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l’université Paris-Sud et de l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. L’étude a été menée en collaboration avec l’agence Santé publique France.

 



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