La maladie de la langue bleue a de beaux jours devant elle

Le 06 juillet 2011 par Romain Loury
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La fièvre catarrhale, maladie virale touchant les animaux d’élevage, pourrait se répandre en Europe à la faveur du réchauffement climatique, selon une étude britannique publiée dans le Journal of the Royal Society Interface.
 
Liée au «bluetongue virus», la fièvre catarrhale, également appelée «maladie de la langue bleue», se transmet par des piqûres de moucheron du genre Culicoides [1], avant tout aux ovins et aux bovins. Présente sur quasiment tous les continents, elle a longtemps épargné l’Europe, à l’exception de cas épisodiques survenus dès les années 1950 dans le sud de l’Espagne et du Portugal.
 
Mais la situation a changé dès 1998, d’abord avec une flambée de la maladie dans la péninsule ibérique. Arrivée en Corse en 2000, dans le sud-est de la France en 2003, la fièvre catarrhale a pour la première fois été détectée à l’été 2006 en Europe du nord, jusqu’aux Pays-Bas.
 
Or ces poussées s’expliquent par le réchauffement climatique survenu depuis quelques décennies sur le continent, montre l’équipe de Matthew Baylis, de la faculté des sciences vétérinaires de Liverpool (Royaume-Uni). Selon leur modèle mathématique, la maladie pourrait continuer à se propager: d’ici 2050, son risque pourrait augmenter de 30% en Europe du nord-ouest, de 10% dans celle du sud-ouest [2].
 
Si le risque devrait augmenter avec la température dans le nord-ouest européen, la situation est moins évidente pour le sud-ouest. Dans cette zone, tout dépendra de l’humidité: en cas de réchauffement, le risque pourrait diminuer avec un climat sec, alors qu’il devrait augmenter dans des conditions humides.
 
Au-delà de la fièvre catarrhale, «les futurs changements climatiques constituent une menace pour notre santé, en entraînant une propagation des maladies infectieuses», commente Matthew Baylis, cité par un communiqué de l’université de Liverpool.
 
Son étude ne permet «pas de prédire quand et où la maladie va apparaître», tempère-t-il dans son article. Elle ne porte que sur le risque d’infection lorsque le virus s’est introduit dans l’environnement, et ne prend donc en compte ni la présence du pathogène, ni une éventuelle vaccination.
 
[1] Cette maladie se caractérise par une forte fièvre, une salivation excessive, un œdème du museau, avec un amaigrissement pouvant aller jusqu’au décès, ou à un retard de croissance et une stérilité chez les survivants. Si elle n’est pas transmissible à l’homme, la maladie engendre un coût élevé pour les éleveurs.
 
[2] En 2050, le risque de maladie restera deux fois plus élevé en Europe du sud-ouest qu’en Europe du nord-ouest.


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