La lumière nocturne favoriserait le cancer du sein

Le 14 mai 2018 par Romain Loury
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Les LED, pourvoyeuses de lumière bleue
Les LED, pourvoyeuses de lumière bleue

L’éclairage nocturne, en particulier les longueurs d’onde bleues, pourrait être lié au risque de cancers hormonodépendants tels que ceux du sein et de la prostate, selon une étude espagnole publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP).

En 2007, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) classait le travail de nuit comme «cancérogène probable» (groupe 2A). Cet effet pourrait être lié à une perturbation du rythme circadien, horloge biologique de l’organisme, elle-même guidée par les variations lumineuses au cours d’une période de 24h.

Cancer du sein et de la prostate

Dans un rapport publié en juin 2016, l’Anses[i] évoquait plusieurs études allant dans le sens d’un risque accru de cancer du sein chez les travailleuses de nuit, en particulier les infirmières, mais avec des éléments de preuves encore limités. D’autres travaux suggèrent aussi un sur-risque d’autres cancers, dont celui de la prostate, hormonodépendant comme le cancer du sein.

Plusieurs études menées chez l’animal évoquent en effet l’hypothèse d’une dérégulation de la mélatonine, synthétisée par la glande pinéale -à la base du cerveau. La production de cette hormone fluctue au cours de la journée, avec un pic au cours de la nuit. Or la mélatonine, qui agit sur certains récepteurs hormonaux, pourrait être impliquée dans l’apparition de cancers hormonodépendants.

Plus de 1.800 patients analysés

L’étude menée par l’équipe de Manolis Kogevinas, de l’Institut de santé globale de Barcelone, apporte du crédit à cette hypothèse. Les chercheurs ont analysé 1.219 femmes atteintes d’un cancer du sein et 623 hommes atteints d’un cancer de la prostate (comparés à 2.264 personnes contrôles), vivant à Madrid et à Barcelone[ii]. Pour chacun d’entre eux, ils ont analysé l’exposition à l’éclairage nocturne, qu’il soit extérieur (dans la rue, selon des photographies prises par la Station spatiale internationale, ISS), ou intérieur (dans la chambre, déclaré par la personne).

La lumière bleue en cause?

L’effet le plus marquant était observé avec l’exposition à la lumière bleue, celle qui perturbe le plus la production de mélatonine –et qui est notamment émise par les LED. Chez les personnes les plus exposées, le risque de cancer de la prostate est accru de 105% chez les hommes, celui de cancer du sein de 47% chez les femmes.

Les chercheurs ont par ailleurs trouvé un risque accru de cancer de la prostate (risque accru de 179%) chez les hommes dormant dans des chambres très illuminées, mais rien de tel pour le cancer du sein chez les femmes.

D’autres effets du travail de nuit

Dans son rapport de 2016, l’Anses évoquait d’autres effets sanitaires du travail de nuit, en particulier la somnolence (effets «avérés»), mais aussi la santé psychique, l’obésité, le diabète et l’infarctus du myocarde (effets «probables»), ainsi que l’hypertension artérielle et l’accident vasculaire cérébral (AVC) (effets «possibles»).



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

[ii] Fait majeur, les chercheurs ont écarté toute personne ayant travaillé de nuit, afin de n’étudier que les effets de la lumière, et pas ceux d’un dérèglement du sommeil.

 



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